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 Things happen - Anton & Ashley

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Ashley Wyatt
MessageSujet: Things happen - Anton & Ashley   Lun 4 Mai - 14:01

Things happen
Anton Turing
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Ashley Wyatt


 

 



 

 

Soirée de mécénat au Camberwell College of Arts

'Ashley, je te rappelle que c'est tenue de soirée obligatoire.
- Monsieur Calloway...c'est obligé?
- On attrape pas des mouches avec du vinaigre. On intéresse pas les mécènes avec des Converse et des jeans à trous...
- Je capitule.
- Tu fais bien...

Et voilà pourquoi je me dandine sur mes escarpins, au milieu des gens de ma promo qui sont tous sur le 31. Alors oui, c'est vrai que c'est une opportunité à ne pas rater que nous offre monsieur Turing, l'inventeur de génie. Il est le mécène de l'école et tous les ans, pour les dernières années, il choisit l'élève dont il préfère le travail et il dessine quelques trucs pour sa boite. En général, tous ceux qui ont obtenu cet honneur se sont plutôt bien débrouillés par la suite, et on rêve tous d'être l'heureux élu de cette année.

Le hall de l'école a été nettoyé de fond en comble, et décoré, avec des trucs chics qu'ils ont fait venir depuis le centre ville. Des affiches annonçant l'évènement ont commencé à pulluler dans les couloirs et le profs ont commencé à devenir hystériques, nous préparant comme des chevaux de course. Pendant des heures ils ont inspecté nos travaux de l'année, fait le tri, sélectionné ceux qu'on devait afficher pendant la soirée. Je crois que le dirlo leur mettait aussi la pression, pour que nous, leurs poulains, on envoie du lourd et qu'on leur fasse honneur. Histoire de représenter correctement la maison.

La veille, on a tous galéré jusqu'à pas d'heure pour décorer et afficher la sélection de nos oeuvres sur les panneaux qu'on nous a attribués. Et je suis finalement allée m'écrouler pour quelques heures après avoir passé la journée à remplacer mon sang par de la caféïne. L'après-midi, c'était politique de grands travaux. Tenter de me coiffer autrement qu'avec une queue de cheval ou un chignon qui tient avec un pinceau ou un crayon. Lutter pour ôter toute trace d'encre de Chine sur mes doigts, ou d'acrylique, ce qui tient du miracle. Au point de presque plus reconnaître ma peau. En mode "Oh mais elle est d'une seule couleur en fait!". Ensuite la tenue. Ma seule jupe. Noire et droite. Mes seules chaussures à talons, sagement dans leur boite, au milieu des Docs et Converse habituelles. Des collants noirs. La vache j'aime pas ça. Mais...j'ai quand même gardé un tshirt Led Zeppelin en guise de haut. Et un chignon en bataille. On pardonne ce genre d'excentricités aux artistes.

Enfin ça commence. Les premiers invités arrivent, observent nos toiles et nos travaux sans rien dire, ou se chuchotant des trucs à l'oreille qu'on entend pas. Les trucs qui rendent dingue. Le genre de bourges coincés qui font ça pour se donner bonne conscience, ou se faire bien voir. Balancer dans leurs diners mondains à quel point ils soutiennent les arts, parce qu'ils ont fait un chèque et mangé trois petits fours. Quelques journalistes commencent aussi à sillonner les allées, mais pas un seul ne photographie nos oeuvres. Non les flash crépitent juste pour la rubrique potins... La vache qu'est-ce que ça m'insupporte.

Oh et puis merde. J'ai mal aux pieds et ça me gonfle. Il me faut une pause. Je me tourne vers mon voisin de stand et lui demande une clope, avant d'enfiler mes converse, planquées derrière le panneau, et de me faufiler par une des portes latérales pour sortir. Enfin de l'air frais et du calme. Je m'assieds sur un muret, les pieds touchant pas le sol et allume ma clope, en inspirant une profonde bouffée avant de souffler la fumée vers le ciel. Ca fait du bien... Je reste là quelques secondes avant d'entendre une voix à côté de moi.

Je sursaute, manquant de me vautrer, et tourne la tête. Un homme, très classe, la quarantaine, qui me demande du feu. Le genre de vieux beau. Je souris et attrape mon zippo dans ma poche, avant de le lui tendre en souriant.

Alors, ça vous gonfle aussi, ce genre de soirées, pour que vous vous échappiez un peu dehors?

© Gasmask


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Dernière édition par Ashley Wyatt le Mar 5 Mai - 11:44, édité 1 fois
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Anton S. Turing
MessageSujet: Re: Things happen - Anton & Ashley   Lun 4 Mai - 23:22



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La jeunesse est notre futur. Ce sont eux qui prendront la relève - et techniquement, qui paieront nos retraites, mais de ce côté là, je n'ai pas de soucis à me faire. Et quand on a de l'argent, quoi de mieux que d'en faire profiter ceux qui en ont besoin ? Les étudiants. Les pauvres. Le monde ne manque pas de causes à défendre. Et le mécénat prend ses racines dans la Grèce Antique.

Mais pourquoi une école d'art ? Parce que tout simplement, les artistes ont une vision à part et tout comme collaborer avec un médecin sur de la nanotechnologie médicale est un plus, faire appel à des jeunes artistes pour des designs innovants... C'est une bonne idée. Et ça leur permet d'avoir une première expérience, non négligeable. Et puis, j'aime l'art aussi. Que ce soit de la musique ou du visuel, je trouve que l'Art à tendance à appaiser, parfois énerver. C'est une question de sentiment.

Bien entendu, les élèves du Camberwell College of Arts étaient rompu à la tradition de la soirée de mécénats. L'avantage d'offrir des postes intéressants et d'avoir un nom connu. Mais chaque année, j'essayais de me montrer plus "sévère" dans mon choix. Je n'avais que faire d'un petit branleur opportuniste. Je préférais de loin les gens avec du caractère et du talent. Du caractère, parce qu'on ne se fait pas un nom en restant passif et oisif. Du talent parce que si on n'en a pas une brindille, on à rien à faire là. Et j'aimais bien voir ces petites têtes en ébullition.


La soirée commença comme à son habitude : le directeur qui en était rendu à presque me faire des courbettes serviles, tout le monde qui guettait si je m'arrêtais plus à un stand qu'à un autre. Un petit jeu amusant quelques minutes. Pas plus. En prime, il commençait à faire chaud dans la salle, surtout pour quelqu'un qui portait un costard cravate (immonde, la cravate, d'ailleurs, je ne savais même pas pourquoi j'avais pris celle-là). J'avais capitulé au bout de quelques minutes et j'avais profité de l'arrivée d'un parent ou dieu sait quoi d'élève qui voulait à tout prix parler au directeur pour m'éclipser en toute discrétion. J'avais déjà repéré quelques coups de crayon / pinceau qui pouvaient être intéressants. Et j'étais sorti par la petite porte. Dans l'espoir de me griller une cigarette au calme.

Dehors, la fraicheur de l'atmonsphère me cueillit de plein fouet, mais c'était agréable. Bien plus que l'étouffant intérieur de la salle d'exposition. Ils devraient songer à revoir leur système de climatisation. Je sortis une cigarette de mon paquet - je fumais assez peu, uniquement dans ce genre d'évènements, bien que souvent, les mondanités auxquelles j'assistais soient plus du genre cigare que cigarette. Je remarquais une jeune femme en train de fumer. Et je n'avais pas mon briquet.

« Excusez-moi, vous auriez du feu ? »

Non, elle a allumé sa cigarette par le pouvoir du Saint Esprit, triple andouille. Visiblement, je l'avais tiré de ses pensées car elle sursauta si fort que je craignis un instant qu'elle ne se casse la figure. Elle se recomposa vite une attitude avant de sourire et de fouiller ses poches pour ensuite me tendre un zippo.

« Merci bien. »

Puis elle me fit rire à me demander si ça me gonflait ce genre de soirée.

« Je trouve ça atrocement chiant parfois, si vous voulez mon avis. Mais j'avais promis de venir... Ne le dites à personne, je ne suis pas sensé fumer. »

Je souris à la demoiselle et lui fis un clin d'oeil..

« J'aime beaucoup votre choix vestimentaire. Vous n'avez pas peur que ça vous désavantage par rapport aux autres, qui sont tirés à quatre épingles ? »

En parlant d'épingle, j'allais chercher à savoir si cette demoiselle faisait partie des artistes dont les oeuvres avaient retenu mon attention.

« Vous pensez quoi de l'organisateur, Turing ? Je le trouve un peu... Pédant et imbu de lui-même. On dirait qu'il essaye de se racheter une conscience à financer des jeunes étudiants... Vous ne trouvez pas ? »

Bon, d'accord, je poussais peut-être un peu le bouchon. Mais j'avais envie de rire un peu. J'aurais tout le loisir d'être sérieux et ennuyeux plus tard.

« Je m'appelle Sterling... Oui, c'est mon prénom. Mes parents avaient du boire le jour de ma naissance. »
By Morrigan
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Ashley Wyatt
MessageSujet: Re: Things happen - Anton & Ashley   Mer 6 Mai - 9:26

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Soirée de mécénat au Camberwell College of Arts

J'ai jamais été une habituée des trucs mondains. Les ronds de jambe, le côté lèche-cul, très peu pour moi. Alors heureusement en temps normal j'ai pas besoin de faire ça. Je vais à l'école, je fais parfois quelques petits boulots à côté de reproduction de tableaux pour me faire un peu d'argent de poche, je mène ma petite vie. Mais parfois y'a pas le choix et je suis obligée. Comme là. A sortir les talons hauts, la jupe stricte et les collants. Malgré le tshirt Led Zeppelin. Alors j'ai souri, hoché la tête, attendu sagement que ces paons viennent parader devant mon stand en le regardant à peine, trop occupés à discuter de leurs dernières vacances à Gstaad ou aux Maldives, et à comparer le prix de leur dernière voiture de sport. Sauf que ma tolérance aux mondanités est vite arrivée à saturation, et je file prendre l'air avant même que le grand mécène de la soirée ne se soit pointé. Oui enfin c'est pas comme si j'allais loin aussi. Juste dehors. Cinq minutes à peine. Pour ma santé mentale.

Une fois dehors, j'ai à peine tiré une taffe que quelqu'un me surprend en me demandant du feu. Je lui souris et lui tend mon briquet, avant de lancer la conversation. Forcément, quelqu'un qui fuit aussi les petits fours, ça créé des liens...ou au moins des points communs. Je le vois qui rit, s'adossant au muret près de moi, et je souris en l'entend me faire une fausse confidence.

Moi je suis pas censée sortir alors que le grand chef de la soirée est même pas encore passé devant mon panneau... Faut croire qu'on est tous les deux en train de faire des bêtises...

Je ris encore à la suite de ce qu'il dit sur ma tenue. Décidément, il est marrant ce type. Et tellement moins coincé que tous les autres là-dedans... Je jette un oeil à mes Converse qui pendent au bout de mes pieds, dans le vide, avant de le regarder en souriant à nouveau.

On va dire qu'à la base y'avait seulement le tshirt qui faisait tache. J'avais des très jolis escarpins super inconfortables que j'ai laissés derrière mon panneau, et qui m'attendent bien sagement. Mais pour aller m'échapper j'ai passé un truc plus confortable. Rien que pour pouvoir courir si jamais on me poursuit pour me ramener là-dedans... Et puis... si on me juge juste sur ma tenue et pas sur mon boulot...alors ça vaut même pas le coup de participer et autant passer un concours de mannequin. Surtout qu'avec mon mètres soixante, j'ai toutes mes chances!

J'entends au loin les conversations et la musique qui filtre à travers les portes ouvertes. Sacrée différence entre ici, et là-bas. Là le calme, la fraicheur. Là-bas, le bruit et la fureur. Enfin, si on envisage qu'on peut manger furieusement un petit four, ou boire furieusement une coupe de champagne... Ma cigarette crépite doucement dans le quasi silence alors que je tire une nouvelle bouffée, et je tourne la tête quand j'entends mon partenaire de clope me demander mon avis sur l'organisateur de la soirée. Je hausse un peu les épaules, surprise par sa question.

Peut-être... Enfin, lui au moins donne au moins une occasion à l'un d'entre nous de vraiment montrer son travail via sa boite. Et pour nous ça envoie sacrément du lourd quand on dit qu'on a gagné le fameux stage Turing. Les gens peuvent voir ce qu'on a fait. Pas comme la majorité de ces coincés du cul qui viennent là pour se faire bien voir, et pour faire la compétition de qui aura donné le plus autour d'un bol de caviar... Ils donnent pour nous comme ils donnerait pour sauver une chouette arctique ou une sauterelle de je sais pas où. Je dis pas que c'est pas bien hein...heureusement que des gens comme ça donnent du fric. Mais...ce qui m'énerve, c'est qu'ils s'intéressent pas à ce pourquoi ils donnent. Pour ça, Turing a l'air d'être un peu différent. Mais je l'ai jamais vu...

Je termine ma clope et le glisse dans une poubelle toute proche. Quand je reviens près de lui, je l'entends se présenter. Je ris encore une fois avant de continuer sur le même ton.

Enchantée Sterling. Moi c'est Ashley. Prénom unisexe. Mes parents tiennent une distillerie de whisky, alors peut-être qu'ils ont pris un prénom sans risque, au cas où ils auraient bu, eux-aussi! Et sinon...Sterling... vous avez aussi de l'argent à jeter par les fenêtres que vous soyez là ce soir?

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Dernière édition par Ashley Wyatt le Sam 9 Mai - 16:45, édité 1 fois
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Anton S. Turing
MessageSujet: Re: Things happen - Anton & Ashley   Sam 9 Mai - 16:32



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J'avais choisi de prendre l'air, et, tombant sur une élève "récalcitrante", comprendre par là qui n'était pas du genre à adorer les mondanités du genre, j'avais opté pour me divertir un peu, surtout parce que la demoiselle ne m'avait pas reconnu visiblement. Alors, autant profiter d'un peu de sincérité. Je jouais la nonchalance et au passage, je m'octroyais le droit de me foutre de ma propre gueule. Après tout, je ne faisais que dire tout haut ce que pas mal de monde disait dans mon dos.

Je plaisantais avec la jeune femme, lui tirant un rire, ainsi qu'une explication sur sa tenue. J'aimais sa façon de penser décidément. Cette petite est en train de marquer des points sans le savoir. C'est un esprit prometteur, à moins qu'elle ne soit en train de fanfaronner et jouer les rebelles, ce qui est aussi une possibilité, naturellement.

« Un artiste en costume, ça fait dénaturé je trouve. ça manque de spontanéité. Et d'imagination... Sérieusement, les garçons de votre école s'habille tous chez le même tailleur ? »

Les couleurs et tailles différaient naturellement, mais j'avais plus l'impression d'un énorme copier coller plus qu'autre chose. Puis, je demandais à la demoiselle ce qu'elle pensait de Monsieur Turing. Une fois de plus, sa réponse, quoi que spontanée, contenait une part de réflexion non négligeable. Quel cynisme sous-jacent !

Ce fut mon tour de rire lorsqu'elle se présenta.

« Je voulais me donner bonne conscience, ces idiots de bourgeois ont sauvé toutes les chouettes arctiques, alors je me rabat sur les étudiants... »

Je lui fis un sourire malicieux.

« Plus sérieusement, j'apprécie l'art et je me suis dit que ce serait l'occasion de faire des rencontres intéressantes. Et pour l'instant je ne me suis pas trompé. »

Ce qui était vrai. Je ne m'étais pas vraiment attendu à tomber sur un petit bout de femme avec un si grand caractère. Je m'amusais comme un petit fou.

« Et puis, l'argent, on ne l'emporte pas dans la tombe. Si je peux aider quelques jeunes qui le méritent, tant mieux. »

Je terminais tranquillement ma cigarette. Bientôt, il nous faudrait retourner affronter le monde pailleté des petits bourgeois voulant paraitre altruiste. Soyons honnête, j'en faisais statistiquement partie. Sauf que j'estimais réellement pouvoir filer un coup de pouces aux jeunes qui décrochaient la stage. Des artistes. Des scienfitiques - pas ce soir naturellement. Financer des études pour des jeunes méritants. Comme je l'avais dit à Ashley, l'argent ne me suivrait pas dans la tombe. Pourquoi attendre d'être mort pour donner quand à notre époque, des personnes en aviaent plus besoin que nous ?

« Où se trouve votre stand ? Je suis peut-être passé devant. Je dois avouer que je n'ai pas encore eu le temps de bien regarder. De vieilles connaissances étaient empressées de me revoir... Pour un peu j'aurais l'impression de leur devoir de l'argent. »

Devoir leur en donner plus. Certains n'avaient que le mot "subventions" à la bouche. Enfin, c'était la rançon de la gloire.

« ça vous intéresserait un stage chez Turing ? En dehors du fait que ça fait très classe sur un CV. Certains de vos camarades seraient prêts à tout pour obtenir le fameux sésames, juste pour la "gloire". Mais à vous voir, j'ai plus l'impression que ce n'est pas trop votre genre. Vous n'êtes pas dans le style "mannequin", après tout. »

Si je continuais comme ça elle allait me griller vite fait bien fait, mais tant pis. Je jetais mon mégot dans la poubelle.

« Tiens, question totalement différente... Quel est votre artiste préféré ? Pour ma part, j'ai un petit faible pour Van Gogh. Ses tableaux m'ont toujours impressionné. Mais j'aime beaucoup Monet, mais on ne peut pas trop les comparer, j'imagine. »

L'avantage d'être à Londres, c'était que niveau Art, il y avait assez de musées pour assouvir un peu son intérêt.
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Ashley Wyatt
MessageSujet: Re: Things happen - Anton & Ashley   Mar 12 Mai - 19:26

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Soirée de mécénat au Camberwell College of Arts


Je pensais franchement pas accrocher avec un type de cet âge là. Et encore moins avec un type de cet âge-là et qui s'avère être un des invités de la haute en mode "caviar et petits fours". Rien qu'à voir son costard et ses pompes, du sur-mesure certainement, ça doit valoir plus que tout ce qu'il y a dans tout mon appart. Mes organes compris. Et au final ce qui était qu'une simple demande de feu, et une discussion un peu polie, s'avère être du papotage plutôt sympa en fait. Comme quoi, tous les gens riches sont pas forcément snobs. Et c'est franchement pas à un gala que je pensais le découvrir. Enfin bon, profitons de la soirée plutôt que de me poser vingt mille questions. Si ça se trouve ce type, je le reverrai plus jamais. Et je ris au commentaire qu'il fait sur le style des autres.

Ouais... l'intérêt c'est de regarder notre travail. Qu'on ait les cheveux bleus ou une plume dans les fesses, ça change sacrément rien. A part que ça rend moins bien sur les plaquettes de présentations des vernissages!

Mais bizarrement, il me cuisine sur ce fameux Turing avant de rebondir sur ce que j'ai dit à propos des riches qui se sentent obligés de se lancer dans de nobles causes, presque plus par obligation sociale ou par volonté d'entrer en compétition en mode "j'ai donné 10 000 livres à la fondation de sauvegarde de la loutre tachetée" et l'autre ''Ah moi c'était 12 000 livres pour le criquet violoniste du Zimbabwe''.

Je sais pas si vous gagnez au change. L'étudiant picole, boit tard, fume...et pire que tout, il a un esprit critique. Faites gaffe c'est une espèce vraiment dangereuse.

Sauf que je le regarde avec surprise, avant de piquer un fard quand il me regarde en parlant de rencontre intéressante. Avant d'en rajouter une couche avec un clin d'oeil.

C'est gentil! Merci...Je vous retourne le compliment.

Quelques secondes passent, mais pas dans un silence gêné. Non. Un silence agréable de quelqu'un qui savoir le fait d'avoir un peu sa paix. Même pour quelques minutes seulement. Je tourne de nouveau la tête vers lui quand il brise le silence.

Il est dans le fond. Ma plus grande toile est le portrait d'une vieille dame. Enfin, si vous rentrez de nouveau on s'y verra!

Par contre, là où je suis un peu, voire beaucoup paumée, c'est quand il me propose un stage chez Turing. Je hausse un sourcil, penchant un peu la tête de côté.

C...comment ça, le stage chez Turing? Vous le connaissez? C'est quand même lui qui doit choisir qui aura le ticket d'or... et... c'est gentil mais j'aurais pas envie qu'on me le file parce qu'un pote à lui l'aura influencé. J'aurais...l'impression de voler ça. On va laisser le destin trancher!

Heureusement, il change de sujet. Parce que continuer de parler de ça me met mal à l'aise. Et je souris de nouveau quand il parle de peinture. Là je suis en terrain connu. Et conquis.

Monet oui, j'adore. Son travail sur la lumière, et les textures. C'est juste fantastique. Et j'aime aussi les préraphaélites. Surtout Waterhouse. J'aime sa façon de représenter des grandes scènes de l'histoire ou de la littérature. Y'a...comme une sorte de magie qui se dégage de ses tableaux et...

Ash!

Je tourne la tête. La porte par laquelle je me suis enfuie s'est ouverte. Et un copain de ma promo, Ted, a passé la porte.

Ramène tes fesses, les profs ont dit que Turing allait se pointer d'une minute à l'autre!
Oh merde!


Je vérifie que j'ai bien mes clopes et mon briquet, avant de me tourner vers Sterling.

Pardon mais le devoir m'appelle. C'était cool de papoter avec vous Sterling. Vous êtes fun pour un vieux snob.

J'éclate de rire pour lui montrer que je plaisante, avant de cavaler à l'intérieur. Je me glisse à travers la foule, et regagne mon stand. En une seconde j'ai planqué mes Converse et glissé mes pieds dans mes escarpins, alors qu'il y a de l'agitation à l'autre bout de l'allée. Une sorte d'attroupement, qui bourdonne. On dirait que ça y est, le grand chef est arrivé, et va choisir l'heureux élu. Mon coeur tambourine plus vite alors que je sens mon estomac faire des saltos avant au fur et à mesure que le bruit se rapproche.

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Anton S. Turing
MessageSujet: Re: Things happen - Anton & Ashley   Lun 25 Mai - 23:18



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J'aimais vraiment la façon de penser de la jeune Ashley. Elle avait cette petite touche d'impertinence qui fait la différence. Après tout, si j'avais besoin d'obséquisité, je n'avais que l'embarras du choix. La cigarette fut bien vite consommée, mais la discussion, elle, continua.

« Que voulez-vous, ma bonté me perdra. Et puis, j'ai été étudiant, moi aussi. »

Et j'en avais fait quelques unes de soirées, à finir la tête en vrac.

« Et puis... Il y a pire. Il y a les vieux cons de bourgeois qui essayent de s'acheter une conscience. »

Je lui fis un grand sourire. Le même genre de sourire qu'avait mon fils quand il essayait de me cacher quelque chose. Les chiens ne font pas des chats, après tout. Je la gênais visiblement avec mon compliment. Oops. Involontaire. Je ne voulais pas l'effrayer. Bien au contraire. Je n'étais pas spécialement effrayant comme personne. Je retins mentalement les informations qu'elle me donna sur son stand.

« Oh, non. Turing se fait toujours son propre avis. Mais je trouve ça intéressant de voir les raisons pour lesquels les étudiants voudraient le poste. Désolé si je me suis mal exprimé. »

Oh le boulet. Si je me cramais dès maintenant, ce ne serait plus très drôle. J'optais pour parler Art et m'éloigner du terrain glissant. Visiblement, j'avais visé juste. La jeune étudiante se lança dans une explication de qui étaient ses artistes préférés, mais elle fut interrompue par l'arrivée d'un jeune homme qui annonça... que j'allais me pointer incessamment sous peu.

Fin de la récréation, les enfants, tout le monde retourne en classe.

« Tout le plaisir était pour moi. Bon courage pour votre retour dans la cage aux fauves. »

Et après un petit rire, elle se glissa à l'intérieur, à la suite de son camarade. Eh bien, il était temps pour moi de faire mon arrivée officielle. Je vérifiais que ma tenue était correcte avant de rentrer à nouveau. Immédiatement, le bruit me prit d'assault, en même temps que les énergumènes qui s'énervaient de ma courte mais bienvenue escapade à l'extérieur. Je les laissais s'épuiser à parler dans le vide - je pouvais me le permettre après tout, puisque c'était MA soirée, techniquement.

D'ordinaire, les discours se font sur une estrade. Mais j'ai toujours détesté cela. Car quand on est sur une estrade, on se place en position de supériorité par rapport à notre auditoire. On les domine. Et clairement, ce n'était pas mon envie ce jour-là. Je fis signe à la personne qui attendait sur l'estrade de me faire passer le micro - après tout, la technologie sans fil est faite pour ça. Le micro siffla légèrement et comme par magie, le silence se fit, les regards braqués vers l'estrade - vide.

« Bonsoir à tous... Oh. Inutile de me chercher sur l'estrade. Baissez un peu les yeux. Voilà. Salut. »

Il y eut quelques rires.

« Comme vous le savez, c'est le rendez-vous annuel tant attendu par nos chers artistes. Comme chaque année, un des élèves exposant ici aujourd'hui se verra l'opportunité d'effectuer un stage chez Turing Engineering. Je ne dirais pas que l'enjeu est de taille. Je dirais simplement, que cette année... Je cherche surtout quelqu'un d'osé. D'impertinent, même. Qui n'ait pas une vision limité du monde qui nous entoure. »

Je déambulait tout en parlant, comme à mon habitude.

« Si j'avais besoin de personnes classiques... Je n'aurais qu'à prendre le premier venu, après tout. Non ce dont j'ai besoin - ce dont nous avons tous besoin, aujourd'hui plus que jamais, c'est la force de l'originalité alliée à l'impétuosité de la jeunesse et la virtuosité d'un esprit ouvert au monde qui l'entoure. Adieu la banalité. »

Je défilais devant quelques stands tout en parlant. Et on ne pouvait pas dire que je trouvais beaucoup d'originalité.

« L'esprit critique. L'art n'est pas une science. L'art est même le cousin le plus éloigné de la science et pourtant, l'esthète et le scientifique ne sont pas si différents. Pour que les deux soient dignes de leur travail, ils doivent être visionnaires. »

Je finis par m'arrêter devant le stand d'Ashley, qui pour le coup eut l'air plutôt confuse. J'articulais silencieusement un désolé - même si je n'étais pas désolé.

« On pourrait croire ici que tous les tableaux se ressemblent mais c'est faux. Regardez ceux-ci. Ceux de Miss... Wyatt. On voit que sous leur fausse simplicité, ils sont peint avec l'âme... Et ça, je ne l'ai pas vu chez tout le monde. »

Je souris à la jeune femme.

« Pourquoi avez-vous choisi d'exposer ce tableau en particulier, mademoiselle ? »
By Morrigan
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Ashley Wyatt
MessageSujet: Re: Things happen - Anton & Ashley   Dim 7 Juin - 22:39

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Soirée de mécénat au Camberwell College of Arts


Mes pieds balancent dans le vide alors que je l'écoute, toujours installée sur mon muret. Il est vraiment marrant ce type. Bien loin des snobs terriblement chiants que j'ai eu l'occasion de croiser à l'école, ou ailleurs. Il est différent des autres, et surtout, j'ai pas l'impression qu'il me considère comme un vulgaire cafard parce que je ne fais pas partie de son monde. Au contraire...

Oh oui, c'est les plus dangereux. Les étudiants ont pas conscience d'être cons. Les bourgeois savent ce qu'ils font. Pas bon, pas bon...

Et je secoue dramatiquement la tête avant que la conversion ne se poursuive un peu, et qu'on soit interrompus par le signal de ralliement. La bourreau va faire son office, et je dois être là pour l'exécution, même si je sais bien que je serai pas choisie. Y'en a des tellement plus talentueux que moi dans ma promo... Je disparais, après quelques mots pour Sterling, et retourne me rendre un poil plus présentable, avant de me tenir sagement plantée devant mon stand. Je sursaute quand j'entends une voix résonner dans le micro, et fronce les sourcils, tant aux paroles de celui qui parle qu'à sa voix. C'est marrant, cette voix me dit quelque chose... Mais... où? De quoi? Merde.

Le groupe est trop loin et je ne vois pas qui parle, j'arrive juste à dire d'où vient la voix que j'entends. Et elle vient de l'autre bout de la salle. Pourtant, le groupe se met à bouger. Et à s'approcher. Comme un banc de poissons, où y'en a plein qui gravitent autour d'un plus gros. Je déglutis, alors que les requins s'approchent, et brutalement je commence à me sentir comme un poisson clown. Un minuscule et ridicule poisson clown, sans aucune anémone dans laquelle me cacher. Et la voix de Turing qui résonne dans les hauts-parleurs, présentant sa vision, faisant son petit speech de patron intéressé et amoureux des arts, philanthrope etc etc.

Les mots s'enchainent, les phrases coulent et le groupe s'approche. Et s'approche encore. Et bientôt je commence à distinguer une silhouette. Tiens, Sterling est dans le lot. Sauf que je palis quand je le vois tenir le micro. Comment? Comment ça c'est lui qui? Mais il devrait? Et pas... oh mon dieu. Oh cet espèce de... il m'a entubée depuis le début. Il s'est foutu de moi tout du long. Mais Ashley quelle conne! C'est le mécène de l'école et t'es même pas foutue de le reconnaître? De savoir au moins à quoi il ressemble? Non t'es bonne à jeter ma pauvre, tu peux juste aller creuser ta tombe et t'enterrer dedans.

Sauf qu'au moment où je pensais que le pire était atteint, voilà qu'il en rajoute une nouvelle couche. En s'arrêtant devant mon stand, continuant son speech. Il est tellement à l'aise que ça en est impressionnant. Et c'est là aussi d'où vient cette impression de déjà-vu en entendant cette voix. Il était en train de discuter avec moi à peine quelques minutes plus tôt! Il va tellement se foutre de moi et je vais me prendre la honte de ma vie, devant toute l'école. Il va critiquer mes toiles devant tout le monde, et je vais me faire lyncher par tous mes profs, et les mécènes. Et si ça se trouve, il va y aller tellement fort qu'il va ruiner ma réputation aux yeux du monde de l'art. Dans tout Londres. Oh mon dieu... si ça se trouve j'aurais peut-être une chance si je m'exile au Canada.

Il me murmure qu'il est désolé, alors que je me pince les lèvres, un mélange de panique et en même temps de colère. Mais qu'est-ce qu'il cherche? Et je l'écoute, abasourdie, quand il commence à complimenter ce que je fais, et j'ai du mal à en croire les oreilles. Jusqu'au moment où il me pose une question à propos de ma plus grande toile. Je mets une seconde à répondre, hésitant, avant de répondre timidement.

Je... c'est... c'est ma grand-mère. Elle est morte l'année dernière alors j'ai... j'ai décidé de...faire ça pour garder son souvenir... Je...j'ai travaillé sur de vieilles photos d'elle pour... pour faire cette toile...

Et je le regarde, ne comprenant toujours pas où il veut en venir en me posant cette question.


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Anton S. Turing
MessageSujet: Re: Things happen - Anton & Ashley   Jeu 11 Juin - 19:59



Things happen


J'allais sans doute passer pour un enfoiré de première aux yeux d'Ashley. Bon, je devais avouer que ça n'avait pas été un plan dès le départ. Et j'avais été sincère, notre discussion avait été agréable. Comme à mon habitude, je m'étais déplacé tout en parlant, brisant les lois associées à ce genre d'évènements : je m'étais approprié la réunion et j'avais fait fi de l'idée reçue que le mécène ou le grand patron doit dominer l'assemblée. Même si pour le coup, je me retrouvais plutôt dominé en taille par certains de mes collaborateurs. Il faut manger de la soupe les enfants.

Elle devait s'attendre à ce que je me moque d'elle, mais pourtant je lui demandais simplement d'expliquer son choix pour l'exposition. Ce qu'elle fit, un peu timidement, avant de me fixer sans comprendre.

« C'est exactement là où je voulais en venir. »

Je souris à la jeune femme.

« Le talent, ce n'est pas de faire un portrait réaliste... ou abstrait selon le courant artistique que l'on préfère. »

Je jetais un coup d'oeil à l'attroupement.

« Le talent c'est d'émouvoir les gens. Cette oeuvre est personnelle... Et pourtant elle me touche. Ce n'est pas un portrait fait pour époustouffler la galerie. C'est un portrait fait avec le coeur - et surtout de la peinture, pour la blague à part. »

Il commença à y avoir des murmures.

« Et sinon, Ashley, est-ce que vous avez quelque chose de prévu pour votre stage de fin d'année ? »

Boom. Les commérages enflèrent un peu plus. Bienvenue dans mon monde.

« Je pense que vous pourriez apprendre beaucoup... Mais aussi apporter beaucoup en travaillant au sein de Turing Engineerings. »

Je fis un grand sourire à la jeune femme.

« Prenez votre temps pour réfléchir. La soirée ne fait que commencer, et j'ai encore quelques stands à voir, mais pour le moment, vous êtes mon premier choix. »

Je ne comptais pas lui forcer la main. Mais je plaçais la barre haut pour les autres candidats. J'en vis même quelques uns regarder leurs travaux exposés d'un air alarmé. Je rendis le micro à l'organisteur de la soirée et laissais le groupe passer devant. Histoire de pouvoir échanger deux mots avec la demoiselle.

« Je suis désolé. C'était bien pour une fois, de ne pas être "Turing". J'espère que tu ne m'en tiendras pas rigueur. Mais j'étais sincère. La place est pour toi si tu le souhaite. »
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Ashley Wyatt
MessageSujet: Re: Things happen - Anton & Ashley   Dim 21 Juin - 21:03

Things happen
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Soirée de mécénat au Camberwell College of Arts


Sur l'échelle des paniques que j'ai déjà pu éprouver, j'avoue que celle-là arrive facilement dans le top 3. A part ça, je crois que j'ai été bien malade d'angoisse avant de passer mon jury d'admission pour l'école. Et pour mon premier jury de fin d'année. C'est dire à quel point le coup de pute de Sterling, ou devrais-je dire Turing, m'a collé au tapis. Sauf que je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi. Pourquoi il s'est amusé avec moi comme ça. Pourquoi il est en train de me ridiculiser aux yeux de l'école. Il cherche quoi? Se sentir mieux en choisissant tous les ans une tête de turc? Mon coeur tambourine dans ma poitrine alors qu'une violente nausée m'envahit. Et je sens quelques gouttes de sueur froide rouler le long de ma colonne vertébrale. Et le couperet, quand il me demande de parler de mon plus grand tableau.

Mon dieu je me sens con. Je me sens con à cause de ces dizaines de paires d'yeux qui me scrutent, de ces oreilles qui attendent une réponse, que je sorte quelque chose de brillant, d'intéressant, de spirituel. Et au lieu de ça je balance un truc plat comme la Hollande, qui me donne envie de me gifler moi-même, même si ce que je dis est la plus pure vérité. Je voulais garder un souvenir d'elle. Je voulais essayer de montrer l'aura de douceur et de gentillesse qui l'entourait. Sauf qu'au lieu d'un commentaire acide sur ma nullité, une réflexion sur mon esprit à se taper la tête contre les murs, le voilà qui conclut que c'était exactement ce qu'il attendait. Je sursaute presque, fronçant les sourcils. Attends attends. Prouver que j'étais stupide, c'est là où tu voulais en venir?

Je l'écoute, stupéfaite, alors qu'il continue à partir dans son délire sur l'art, la passion, le but de tout ça, et je l'écoute comme la dernière des crétines, sans savoir où il veut en venir. Si déjà tu dois me crucifier publiquement, fais-le vite et bien, dis-moi que c'est de la merde, et passe à autre chose. S'il te plait. Tu es en train de me tuer, là, à me faire mariner. Sauf que je retiens in extremis ma mâchoire de tomber quand il complimente mon portrait, me dit qu'il est peint avec le coeur. Wow. La foule s'agite un peu, des gens se tournent les uns vers les autres pour échanger leurs impressions. Et moi je reste perdue là.

Sauf que le couperet tombe quand il me demande ce que je fais pour mon stage de fin d'année. Je rêve. Je rêve, c'est obligé. C'est pas possible. C'est une nouvelle blague, je vois pas d'autre explication. A part que l'expression de son visage est vraiment sérieuse. Je bredouille, ouvrant une fois ou deux la bouche avant d'arriver en faire sortir un son audible.

V...vraiment?

J'ai du mal à en croire mes oreilles. Moi. Moi le stage Turing. Le saint Graal de tout étudiant de dernière année qui se respecte. Mes mains se mettent à trembler quand je commence à réaliser ce qui se passe. Que je peux l'avoir, si je veux. Trop abasourdie, je hoche rapidement la tête quand il me dit que j'ai encore le temps de réfléchir. Je meurs d'envie d'accepter, mais je dois d'abord comprendre à quel jeu il joue. Parce que si mon stage va consister à jouer les yoyo émotionnels, je passe mon tour merci. Et heureusement on dirait qu'il l'a compris. Il laisse filer le groupe, rend son micro et s'approche de moi avec l'expression d'un gamin qui a fait une bêtise.

Sterling je...monsieur Turing. J'ai... j'ai juste failli faire trois crises cardiaques. Je... pourquoi vous avez fait ça? De...devant tout le monde en plus? Je... j'aimerais... pour le stage je veux dire. Je... ouais ça me plairait mais... mais si... mais si y'a d'autres surprises du même genre qui doivent m'attendre j'aimerais être au courant. Je... j'ai pas forcément envie de... comment dire... d'être le bouffon de la cour. Si vous me... me dites qu'il y aura plus de tours de ce genre... J'en suis...

Et je plante mon regard dans le sien, le souffle court et les mains toujours tremblantes, devant sûrement lui offrir l'image pathétique d'un chaton trempé.

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Anton S. Turing
MessageSujet: Re: Things happen - Anton & Ashley   Sam 27 Juin - 21:25



Things happen


J'avais laissé filé le reste des huiles pour m'entretenir avec Ashley. Et m'expliquer un peu. La pauvre ne devait rien y comprendre. Une chance pour elle, son talent était à l'image de son esprit. Elle avait tout pour décrocher le stage. Ce que je lui proposais bien évidemment. Mais elle marqua une hésitation. Il faut dire qu'avec mon petit coup pendable, elle n'était pas vraiment rassurée.

« Oh, ce n'était pas prémédité. »

Je me passais la main dans les cheveux avec ce qui s'approchait le plus d'un sourire contrit chez moi.

« Je ne voulais pas te mettre mal à l'aise. »

Et surtout, ça avait été en grande partie le meilleur moyen de me débarrasser de la troupe de sangsues qui me suivait.

« Je suis vraiment sérieux pour le stage. Et non, il n'y a pas de coup pendable de ce genre. L'ambiance est plutôt détendue, surtout au labo. Je ne joue pas de tours au boulot. »

Je lui fis un sourire qui se voulait rassurant.

« Je dirais même qu'il y a une ambiance bonne enfant. Et pour le code vestimentaire, il n'est pas nécessaire de toujours être sur ton 31. Bon, évite juste le pyjama. »

Et il n'y avait qu'à voir les ingénieurs et les programmeurs. Seuls les commerciaux et les financiers, de manière générale, étaient toujours en costard ou tailleur. Même moi, il m'arrivait d'aller bosser en jeans et en t-shirt. Et puis, il ne s'agissait que d'un stage.

« Les horaires sont modulables. Et le stage est payé. Je ne sais pas si on t'avait donné les détails. Pour les repas, il nous arrive de commander en groupe - tout le bureau d'études. Il y a un espace cafétéria si tu veux amener ton repas. C'est comme à la maison en quelque sorte. »

Bon, ce que je ne disais pas c'était qu'on pouvait manger parfois à des heures indues, parce qu'on se perdait dans nos travaux, mais j'imaginais que ça devait lui arriver quand elle était inspirée par une peinture.

« Ecoute, tu as jusqu'à Lundi pour te décider... Et par là décider si tu me détestes totalement ou pas. Il te suffira de m'envoyer un mail. »

Je lui tendis une carte avec mes coordonnées.

« J'aimerais beaucoup travailler avec toi. Sincèrement. Je n'ai pas menti une seule fois. Hormis par omission mais ça ne compte pas vraiment. »
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Ashley Wyatt
MessageSujet: Re: Things happen - Anton & Ashley   Mar 14 Juil - 12:22

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Soirée de mécénat au Camberwell College of Arts


Mon coeur tambourine si fort dans ma poitrine qu'il étouffe les bruits aux alentours, me donnant presque l'impression d'avoir la tête plongée dans l'eau. Je me sens comme un lapin pris dans les phares d'une voiture alors que tous ces regards sont braqués sur moi. Partez. Barrez-vous! C'est bon vous avez assez ri face à la petite galloise qui se fait ridiculiser? Je me raccroche à moitié à la table, partagée entre la colère et en même temps l'excitation d'avoir réussi. Tout ça se bouscule dans ma tête alors qu'il tente maladroitement de se rattraper, en me disant que la discussion dehors avait été en aucun cas un piège ou un traquenard. Mais que c'était juste par la force des choses qu'on en était venus à partager une clope, et pas pour m'arnaquer.

Et malgré tous les risques, malgré le fait qu'une partie de moi me hurle bonnement et simplement de dire oui et d'accepter le cadeau qu'il me fait sans plus de questions, l'autre a besoin d'explications. Et je lui dis, au risque de le fâcher, au risque de tout perdre. Et je suis juste soulagée quand je le vois afficher une petite mine de gamin qui a fait une connerie, se passant la main dans les cheveux. Même si c'est pas parce qu'il a l'air désolé, qu'il est désolé.

Oui enfin là on va dire que c'était pas le moment le plus agréable de ma vie... à part quand vous avez parlé du stage.

Le voilà ensuite qui me fait la pub pour sa boite. A moi, la petite étudiante, alors que ça serait moi qui devrais me rouler par terre, me mettre à genoux, lui embrasser le bas de pantalon pour l'avoir, ce stage. Et dans un sens je me dis que s'il avait simplement eu envie de se foutre de moi, il se serait pas donné tant de mal. Et il me donnerait pas à ce point l'impression que... c'est moi qu'il veut. Comme stagiaire, bien évidemment. Parce que bon, même s'il est clairement charmant, je ne suis pas fan de l'idée d'avoir un "sugar daddy". Merci. Surtout qu'il y a Néo...

Un sourire timide s'affiche sur mes lèvres quand il me parle de pyjama, et je sens que je me calme petit à petit. Et que l'idée d'accepter me presse de plus en plus. Surtout quand il me dit qu'en plus de la gloire, je serai payée. Oui oui payée. Alors bon la distillerie de mes parents fonctionne bien mais je sais que me payer l'appart tous les mois, plus mes frais, c'est beaucoup. Et ça fera pas de mal d'avoir des fonds en plus des quelques reproductions de tableau qu'on m'a déjà demandé de faire. Je hoche doucement la tête quand il me dit que j'ai jusqu'à lundi pour me décider, et prends la carte qu'il me tend, que je range précieusement dans mon sac comme si c'était un trésor. Je m'attends à ce qu'il parte, mais non. Il me glisse encore qu'il aimerait beaucoup bosser avec moi. Lui. Turing. Bosser avec moi. Miss Riendutout.

Je... oui promis je vous contacte...pour vous dire. M... merci...

Il disparaît après un dernier sourire, noyé dans le champagne, les petits fours et les discussions ennuyeuses, pendant que je me fais tout bonnement alpaguer par la moitié de ma promo pour me féliciter, pendant que l'autre me fusille du regard. Et je comprends bien que si le regard pouvait tuer, je serais déjà transformée en passoire, allongée sur le sol dans une mare de sang. Je ne le vois pas partir, et au bout d'une demi-heure les invités commencent à partir et on s'attaque au démontage de nos stands. J'ai du mal à réaliser ce qui se passe, vérifiant et revérifiant au moins dix fois que la carte est toujours là. Et quand j'arrive enfin chez moi, j'allume mon PC et je lui envoie un simple mail.

"Si vous êtes toujours d'accord, j'en suis. Ashley".


© Gasmask




FIN - Merci pour ce RP! ;-)
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Things happen - Anton & Ashley

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