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 Victoria and Albert Museum - Retrouvailles - Izzy&Chloé

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Chloé Martin
MessageSujet: Victoria and Albert Museum - Retrouvailles - Izzy&Chloé   Lun 13 Juil - 21:17

Ma cleptomanie prenait des proportions alarmantes depuis que j'étais à Londres. Changer de vie impliquait une certaine dose de stress et d'anxiété : nouveau pays, nouvelle langue (même si je me débrouillais bien en anglais), nouvel appartement, nouveau travail merdique... Stress et anxiété qui n'aident pas à juguler mes vols compulsifs.

Il était donc temps de reprendre les choses en main.

Or, le seul moyen efficace pour freiner ces impulsions de voler était l'organisation d'un « Grand Casse ». J'avais commencé à faire quelques recherches, avait retrouvé quelques vieux contacts londoniens et obtenu certaines informations intéressantes. Notamment au sujet d'un dénommé Andrew Scott, obscur descendant d'un maître-maçon qui avait participé aux grands travaux de 1899 du Victoria and Albert Museum. Le jeune Scott avait récemment retrouvé tout un carton de plans et de documents appartenant à son ancêtre. Il n'avait pas la moindre idée de ce sur quoi il était tombé, bien entendu, mais cela n'avait pas échappé à son voisin, un ancien cambrioleur, rangé depuis des années, mais qui avait gardé un cœur de voleur.

Il avait récupéré les plans et les avait vendu au plus offrant, s'offrant ainsi une coquette somme pour étoffer sa retraite.

Les plans étaient passés de mains en mains, qu'ils soient vendus, volés, troqués ou encore perdus. J'avais passé une dizaine de jours à suivre cette piste, avant de retrouver ces fameux plans que j'avais dérobé à un crocheteur de seconde zone (qui n'aurait eu aucune chance de pénétrer dans le musée, de toute façon). J'avais passé les jours suivants à étudier les documents tant convoités, à les comparer aux plans officiels et à d'autres, plus officieux, que j'avais obtenu d'un contact dans l'agence de sécurité du musée. J'avais ainsi trois sources à ma disposition, chacune incomplète et partiellement fiable, mais cela me donnait une idée générale de la disposition des lieux et des obstacles auxquels je serais confrontée.

À cet instant, mes vols compulsifs avaient déjà sensiblement diminués.

Parallèlement à ces recherches, j'avais fait une première visite dans le musée, histoire de me faire une idée des œuvres exposées et de leur potentiel à être revendues (il était parfaitement inutile de voler une œuvre d'art qu'on était incapable de revendre). J'en profitai également pour faire un premier repérage « in vivo » des lieux et de la sécurité, de façon à vérifier l'authenticité des plans que j'avais obtenu. Bien entendu, je m'étais grimée pour l'occasion, vêtements, maquillage, perruque, lentilles de couleur, mais aussi posture et accent...

Même un certain emmerdeur allemand n'aurait rien trouvé à y redire.

Je m'étais ainsi retrouvé au troisième étage, dans une longue salle nommée « A History of Photography : Series and Sequences » qui exposait plusieurs photos anciennes. Or, je connaissais un receleur qui comptait parmi ses clients un riche féru de photographie peu regardant quand à l'origine des œuvres qu'il acquérait. Je mémorisais les titres et noms de photographes puis contactait le receleur en question. Après une longue négociation, j'avais mon objectif en tête : une série de photos équestres datant de 1887 dont je pourrais obtenir un bon prix.

À dater de ce jour, je pouvais me balader dans la rue sans me retrouver à faire les poches du premier passant que je croisais.

J'avais fait deux ou trois autres visites au Musée sous des costumes différents, fait une excursion nocturne sur les toits et dans les bouches d'aération du bâtiments pour fignoler des détails de mon plan d'action, confirmé mon projet à mon receleur qui avait contacté son client, et j'étais fin prête.

Je n'avais rien volé depuis presque une semaine.

***

Ce soir, c'était le grand soir.

Je m'étais teint les cheveux en noir et les avait noués en un chignon serré sur le haut de mon crâne. Je portais des bottes souples à talons plats pour ne pas faire de bruit en me déplaçant, un pantalon confortable dans lequel j'aurais une grande liberté de mouvement, un pull à col roulé et de fins gants en soie pour ne pas laisser de traces. Le tout en noir, bien sûr. Un sac à dos de sportif, léger et peu encombrant qui contenait tout mon matériel, complétait mon équipement.

J'étais sur les toits du musée, et je préparais la touche finale, du maquillage noir et grossier pour masquer les traits de mon visage aux caméras de sécurité si quelque chose devait mal tourner.

Je ne serais pas invisible, loin de là, seulement méconnaissable et impossible à identifier.

Je me faufilais dans les conduits d'aération et commençais mon long parcours labyrinthique que j'avais mis plusieurs heures à mémoriser, ce qui ne m'empêcha pas de me perdre deux fois. Heureusement, je m'en aperçus assez vite pouvoir rattraper le tir sans perdre trop de temps. J'arrivai au troisième étage, juste au dessus de l'expo photo. Je m'autorisai trente secondes de pause, le temps de me remémorer l'emplacement des caméras de sécurité et des angles morts que je prévoyais d'utiliser. J'inspirai lentement, puis retirai silencieusement la grille d'aération et me laissai glisser au sol.

J'étais dans l'un des quatre angles mort des caméras. C'était maintenant que les choses sérieuses commençaient. Tout était une question de timing. Je sortis une petite télécommande de la poche latérale de mon sac et tapai un code à quatre chiffres. Je comptai mentalement, un, deux, trois et quatre, avant de bondir deux mètres cinquante sur la droite et de m'immobiliser à nouveau, ma précieuse télécommande entre les doigts.

C'était une sorte de brouilleur, mais au lieu de couper les caméras (ce qui ne manquerait pas d'alarmer les agents de sécurité), cela bloquait les images transmises pendant une seconde et demi, durant laquelle l'image était sur « pause ». Ce qui me laissait une seconde et demi pour passer d'un angle mort à l'autre sans me faire voir des caméras. J'avais passé des jours entiers, à calculer les distances, les timings, et à répéter ce parcours d'acrobate, jusqu'à le connaître jusque sur le bout des doigts et plus encore. Jusqu'à ce que ça devienne instinctif.

Trois codes plus tard, j'étais devant mes photographies équestres et aucune alarme n'avait été déclenchée. Je m'autorisai un sourire de satisfaction, lorsque...

- Hum, hum...

Si je n'étais pas déjà immobile, je me serais figée sur place, une douloureuse impression de déjà-vu dans le creux du ventre. Non, impossible, je l'avais imaginé. Forcément. Il n'y avait personne derrière moi, j'étais seule dans cette pièce. Et de toute façon, il était impossible de reconnaître un accent allemand dans un raclement de gorge, alors je l'avais forcément imaginé... Je me retournai lentement, redoutant ce que j'allais voir...

Un son étrange s'échappa de ma gorge, à moitié grognement, un quart gémissement, et un quart sifflement.

Ce qui résumait assez bien que je ressentais à cet instant précis. Isaiah Remus Abbott se tenait devant moi, petit sourire en coin horripilant, lueur malicieuse proprement agaçante au fond des yeux. Une seule pensée tournait en rond dans mon esprit. Oh le con. Puis : Oh, le petit salopard d'enfoiré de merde. Et enfin : Je vais le tuer.  Mais les caméras limitaient grandement mes mouvements et... Je clignai des yeux. Il se trouvait au beau milieu du champ des caméras. Et aucune alarme ne retentissait.

- Espèce d'enflure, grinçai-je en m'avançant vers lui. Qu'est-ce que tu fous là ?

J'étais devant lui à présent, et sans lui laisser l'occasion de répondre (je n'avais même pas envie d'écouter ce qu'il avait à dire), je lui envoyai une gifle monumentale qui résonna dans toute la pièce (en fait, je ne voulais tout simplement pas entendre sa voix).

Il avait désactivé les caméras et alarmes de toute la salle, bien entendu.

J'étais furieuse qu'il reprenne contact. Et qu'il reprenne contact de cette façon, même si cela ne me surprenait guère venant de sa part. Il avait toujours eu un faible pour les scènes théâtrales. Les pires jurons me venaient aux lèvres et je l'injuriais copieusement en français et en anglais. Je crois même qu'une ou deux références allemandes (devinez de qui je les tiens?) se sont glissées dans le tas. Je m'efforçais de ne pas parler trop fort, mais cela n'enlevait rien au mordant de mes mots. Lorsque j'eus épuisé mon stock d'insanités, j'étais presque à bout de souffle.

- Qu'est-ce que tu me veux, putain ?
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Isaiah Abbott
MessageSujet: Re: Victoria and Albert Museum - Retrouvailles - Izzy&Chloé   Mar 21 Juil - 22:48

Victoria and Albert Museum.
Que de belles pièces exposées. J’avais eu vent que quelqu’un s’intéressait tout particulièrement à ce musée, quelqu’un dont je n’avais pas eu de nouvelles depuis un certain moment et avec qui j’aurais bien voulu reprendre contact. Seulement, dans notre métier si peu conventionnel, il n’y a pas beaucoup de moyen de se parler sans trop attirer l’attention.

Je m’étais donc infiltré dans le musée. Rien n’était plus facile que de s’introduire quelque part. Il suffisait de dire aux personnes sur votre route ce qu’elles avaient envie d’entendre et vous vous retrouviez soudainement avec l’accès à des endroits très sécurisés. Il suffit d’utiliser les bons mots et les bonnes références. Exercice dans lequel j’étais passé maitre depuis quelques années désormais. Se faire passer pour un expert en art peut s’avérer compliqué. Mais lorsqu’on est formé pour incarner n’importe quel individu, ce n’est qu’une formalité. Plus simple encore, se faire passer pour un acharné du travail.

Ainsi j’avais obtenu de rester plus longtemps au sein des galeries. Et rien ne m’étais plus facile que de pouvoir désactiver les alarmes et les caméras. Tout ça pour avoir l’occasion de revoir ma chère Chloé. J’étais comme un gosse le soir de Noël. J’avais réussi à estimer quand elle tenterait son coup. Il ne me restait plus qu’à l’attendre. Et à la surprendre une fois de plus. Je n’y pouvais rien, c’était toujours amusant de la surprendre. Son plus grand défaut était qu’elle oubliait parfois de surveiller ses arrières. Pourtant, ce n’était pas faute de lui avoir répété. Alors j’avais simplement attendu sa visite.

Par les toits. Classique. Mais efficace. Je l’avais vu faire son repérage, donc je savais vers quelle œuvre elle allait se diriger. Un jeu d’enfant, je vous dis ! Sérieusement. Elle était trop prévisible, ça allait lui causer des ennuis sérieux un jour. Le jour où ça ne serait pas moi. C’était le problème quand les gens étaient trop obstinés.

Je la rejoignis de façon tout à fait silencieuse. J’étais en plein dans le champ des caméras, mais je restais parfaitement invisible. Logique, puisque j’avais coupé les caméras. Rien de plus simple quand on travail de l’intérieur. Toute à son travail la rouquine – qui ne l’était pas dans sa tentative de grimage – ne m’avait même pas remarqué. Elle allait s’emparer de l’œuvre lorsque je me raclais la gorge. Elle se tourna lentement vers moi, dans un effet des plus comiques. Puis quand elle me reconnut, vu que je ne m’étais pas grimé pour ces petites retrouvailles – disons que j’avais laissé la tenue de James Hornett dans le bureau d’expertise. Elle laissa échapper un bruit tenant du grognement, du gémissement et du sifflement. Surtout du grognement, en fait. Je lui fis un sourire en coin.

« Espèce d'enflure. Qu'est-ce que tu fous là ? »

Elle s’était approchée de moi et sans attendre ma réponse, je me pris une gifle plutôt monumentale. Qui résonna fortement – autant sur ma joue que dans la pièce. Un musée vide, c’est diablement silencieux.

« Qu'est-ce que tu me veux, putain ? »

Je secouais la tête.

« Quel langage. »

Je lui fis un sourire avant de me masser la joue. Sacrée revers.

« Y a-t-il du mal à vouloir revoir une amie ? »

Bon, d’accord, cette excuse ne tenait pas, je l’avais laissée se faire arrêter en France. Peut-être que j’avais voulu lui donner une petite leçon. Je lui avais répété plusieurs fois qu’elle devait faire plus attention, mais elle ne m’avait pas écouté. Ce n’était peut-être pas la meilleure façon de faire. Mais je m’étais renseigné. Elle n’avait pas pris une longue peine. Suffisante pour qu’elle me déteste, remarque.

« C’est un bon choix. Facile à écouler, il y a pas mal d’amateurs d’art dans le coin. Mais avoue-le, c’est bien en dessous de ton standing. »

Ah ça, nous avions quelques jolis coups à notre actif. Bien plus audacieux que celui-ci. Mais à présent, j’avais un peu plus intéressant comme job à faire. Un peu plus risqué. Même si je n’étais pas contre un coup tel quel de temps en temps.

« J’ai une proposition à te faire. En dehors de ces magnifiques clichés, bien entendu. Comme au bon vieux temps, mais avec un peu plus de piment. »
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Chloé Martin
MessageSujet: Re: Victoria and Albert Museum - Retrouvailles - Izzy&Chloé   Lun 27 Juil - 13:23

- Quel langage.
- Je t'emmerde.


Il eut un petit sourire avant de se masser doucement la joue que j'avais giflé. Cela n'aurait sans pas doute pas du me faire autant plaisir de voir sa peau rougie par mes doigts.

Sans doute.

- Y a-t-il du mal à vouloir revoir une amie ?

Je fronçais les sourcils.

- Aucun, voyons ! Étrange cependant que cette lubie ne te soit pas venue pendant que je croupissais en prison...

J'ai rarement un ton aussi volontairement hypocrite. D'ordinaire, je suis plutôt franche et directe. Je ne passe pas par quatre chemins pour dire ce que je pense quand je suis en colère. Mais Izzy... Bah, c'est Izzy quoi. Je lui en voulais encore de m'avoir laissée en taule, j'ai toujours eu la rancune tenace. Et j'étais frustrée de m'être laissée surprendre de cette façon. Encore une fois. C'est surtout ça, je crois, qui me rendait furieuse. Il m'avait eu la main dans le sac. Comme lors de notre rencontre.

J'avais la détestable sensation d'être à peine plus douée qu'une gosse de sept ans. C'est peut-être pour ça que je me retrouvais avec la répartie d'une gamine devant lui.

- C’est un bon choix. Facile à écouler, il y a pas mal d’amateurs d’art dans le coin. Mais avoue-le, c’est bien en dessous de ton standing.

Je mis une demi-seconde à comprendre de quoi il parlait. Bien entendu qu'il savait exactement quelle œuvre j'étais venue chercher. Il devait même savoir à qui j'avais prévu de la revendre et à quel prix. Ce gars est toujours au courant de tout.

- Qu'est-ce que ça peut te faire ? grognai-je.

Bien sûr que j'aurais pu voler bien plus que ces photos équestres. Rien qu'à cet étage, le musée proposait des œuvres bien plus précieuses et impressionnantes. Mais je n'avais pas organisé ce cambriolage pour l'argent ou pour accroître ma réputation dans le milieu du crime de haut vol. Ce coup avait pour principal objectif de calmer mon addiction à faire les poches de la première personne que je croise.

Mais bien sûr, je ne pouvais pas lui dire ça comme ça...

- Je n'ai de comptes à rendre à personne, et surtout pas à toi, Iz.

Alors qu'il ne vienne pas me faire la morale. Surtout après m'avoir laissée lambiner en prison pendant dix mois.

- J’ai une proposition à te faire. En dehors de ces magnifiques clichés, bien entendu. Comme au bon vieux temps, mais avec un peu plus de piment.

Je tiquai. Et je m'en voulu immédiatement, parce qu'il l'avait forcément remarqué. Isaiah est trop bon observateur pour laisser passer ça. Je croisai les mains sur mon ventre pour reprendre contenance. Mais ça aussi il l'aura forcément remarqué. Une simple discussion avec lui pouvait prendre des allures de tortures psychologiques. Tant pis. Je restai immobile, mains croisées, refusant d'entrer dans son jeu.

Bien sûr que j'avais tiqué. J'étais accro au vol. Pas seulement les broutilles que je dérobe la journée dans les poches d'un inconnu. Ça, ce n'était que la partie émergée de l'iceberg. La vérité, c'est que je suis incapable de refuser une occasion de voler. Mais ça, Izzy ne le sais pas. Enfin, je crois.

- Qu'est-ce qui te fait dire que je voudrais à nouveau travailler avec toi ?
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