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 You cry a river of blood in your broken mind Palace. Don't try to hide it to me Sherlock

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Gabriel X. L. Scott
MessageSujet: You cry a river of blood in your broken mind Palace. Don't try to hide it to me Sherlock    Dim 17 Mai - 5:08

Disclamer; Les personnages de Sherlock ne m'appartiennent évidemment pas, sauf mon tit Caleb et mon Reaper de namour <333

Warning; Comme vous en aurez l'habitude c'est un zolie PEGI18

Categories; Horror, Torture, Violence, Drama, Tragedy, Family

Cette petite -*tousse* Ça devait être un os- est un cadeau pour Sherlock qui me parlait de vouloir torturer Sherlock ce qui m'a inspirer ce petit quelque chose! - qui est en construction parce qu,il est quand même 23h04 chez moi.......-

Résumé; L'hiver enveloppe l'Angleterre de ses bras, mais à l'approche des Fêtes ce n'est pas la joie qui emplit les coeurs. Sherlock, qui refait son apparition après une longue absence et avec des blessures qu'il refuse d'expliquer, ce fait plus distant, plus cassant, rejetant tous son entourage jusqu'à John. Mais que lui est-il arrivé? Il n'y a qu'une personne qui osera confronter le Dragon blessé.

Ship; Sherlock/Caleb <3


Code de la fiche (Merci de ne pas reprendre! Il s'agit d'un code d'un artiste Bazzart et il ne faut pas distribuer <3 Si vous le désirez, inscrivez-vous sur le site. C'est une question de respect pour les créateurs de fiche que je m'emploie à respecter)

Spoiler:
 


Prologue; posté - songs; « Sincerely Abbey (A Love Poem) » par Semaj The Poet ainsi que Frozen -Let it go horror version by Luka King, et Sad piano Music - Who Am I by Luka King -

Chpt 1; you need to say those words, Sherlock. - Songs «Sad Emotional Rap RnB Piano Instrumental by EAProductions20»

«Doctor Who - Doomsday Theme by Bbc National Orchestra Of Wales & Ben Foste» -

Chpt 2 Shadow Garden (en cours) - Songs; «Crystallize by Lindsey Stirling»

"The Devil Within by Digital Dagger" -


Dernière édition par Gabriel X. L. Scott le Lun 1 Juin - 8:18, édité 7 fois
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Gabriel X. L. Scott
MessageSujet: Re: You cry a river of blood in your broken mind Palace. Don't try to hide it to me Sherlock    Dim 17 Mai - 5:49


Prologue
Sherlock/Caleb





La neige tombait doucement sur Londres en de gros flocons que les lumières de la rue éclairaient faiblement. Le vent sifflait en une plainte sinistre comme les pleurs d’une mère. La ville était étrangement calme, silencieuse, mais son atmosphère était lourde et semblait peser sur les épaules de tous et chacun comme un deuil national. Le 221b Baker Street ne dérogeait pas à l’ambiance triste alors que les fêtes de Noël approchaient à grand pas. Il s’élevait de l’appartement une douce mélodie à en faire pleurer même les êtres au cœur plus froid que la mort, mais personne n’était là pour entendre les notes malheureuse d’un violoniste solitaire. Les yeux de glace de Sherlock Holmes balayèrent la pièce paresseusement au travers le reflet que lui renvoyait la fenêtre devant laquelle il était prostré depuis une heure déjà, ses doigts maniant l’archet avec expertise et faisant vibrer les cordes. Il manqua une note lorsque son regard se posa sur un parapluie noir oublié là par l’autre habitant des lieux qui, étonnement, avait oublié de le ranger lorsque s’en était allé l’automne. Quoi que le médecin n’avait pas vraiment eu l’esprit au ménage depuis un bon moment maintenant.

Les notes se firent plus froides, plus mordantes, criantes de désespoir alors que le regard bleuté était incapable de se séparer de cet accessoire plus que symbolique chez une certaine personne. Puis, aussi soudainement qu’il avait commencé à jouer, l’artiste qu’il était cessa sa pièce improviser, lançant presque rageusement l’instrument sur un fauteuil avec son archet, se laissant choir dans l’autre laissé inoccupé. Du bout de ses doigts maigres il pianota à saccade sur l’accoudoir, fixant la poussière qui s’était accumulé, réalisant que cela faisait plus de deux semaines que son colocataire, non ex-colocataire, était passé la dernière fois. Avec son épouse . Pourquoi le docteur n’était-il pas revenu le voir? À oui, le noir s’en rappelait; il l’avait chassé. Il était trop embêtant, énervant à lui demander où il était ces derniers temps, pourquoi il s’était absenté, d’où lui venait ses blessures… Peut-être que Watson était trop bête pour comprendre qu’il ne voulait pas parler, non pas qu’il en manquait d’envie, mais parce qu’il ne pouvait pas ! S’était mieux comme ça, qu’il soit seul. Il l’avait toujours été. La solitude était sa seule amie, la seule chose qui le protégeait.

Un grincement attira son attention et la tête bouclée se redressa d’un coup alors que les yeux glaciers se posèrent sur la porte. Qui cela pouvait-il bien être? Pas Jim il était mort, comme Magnussen. John? Non, il l’aurait texté, quoi que même cela il avait arrêté de le faire depuis quelques jours sans doute puisque le détective consultant ne lui répondait pas. Sans doute que le blond se disait qu’il était encore dans une phase amorphe, allongé sur son divan et seulement vêtue de sa robe de chambre. Il n’aurait pas été loin de la vérité. Le bruit des pas montant dans l’escalier continua, alors que le consultant de son côté faisait la liste des probabilités. Il écarta la police, celle-ci serait rentrée en contact avec sa personne par téléphone comme d’habitude, son frère? Pitié encore moins! Madame Huston? Non, partie pour les Fêtes dans le nord du pays. Il ne restait qu’une personne à sa connaissance qui viendrait le visiter alors qu’il rejetait tout le monde.

La porte s’ouvrit lentement, dévoilant à petit peu la grande silhouette de l’autre sociopathe en puissance de sa connaissance, pas si sociopathe que cela avait-il fini par découvrir. Caleb se tenait là, dans son costume trois pièces noir habituel, ses cheveux de blé peigné à l’arrière. Son regard aussi bleuté que celui du cadet des Holmes se posa sur celui-ci et ses lèvres s’étirèrent doucement. Il est amusé de me voir ainsi vêtue, conclue le détective qui ne s’éternisa pas à tenter de savoir ce qu’avait pu faire son visiteur, ayant essuyé un peu trop d’échecs aussi humiliants que cuisants par le passés. Le psychologue referma la porte derrière lui, s’avançant jusqu’au fauteuil où reposait l’instrument fétiche de Sherlock. Sans un mot, Caleb le prit dans ses mains avec l’archet, pris place et déposa l’instrument sur la table avant de croiser ses jambes et s’adosser au dossier.

Un long silence s’installa, aucun des trentenaires n’ouvrant le bal de la conversation que tous deux savaient avortée d’avance par l’un qui ne répondrait pas aux questions de l’autres qui, alors, parlerait dans le vide comme s’il s’adressait à un défunt au cimetière, à une personne qui ne serait pas réellement là. Le tic-tac de l’horloge et le doux, mais triste, sifflement du vent leur parvenait dans la pièce faiblement éclairé par une lampe fatiguée. Malgré l’absence de mot, le plus petit des deux hommes devinaient les questions muettes du docteur en face de lui, devinait que ce n’était pas il avait disparu durant d’interminables jours, mais comment il allait qui préoccupait l’autre homme. Il était vrai que ses blessures n’étaient pas des plus belles et le léger tremblement de ses membres trahissaient son état réel. Les bandages de son torse et de son bras, fait à la vite et presque pas changé, étaient à refaire. L’odeur qui s’en dégageait trahissait l’infection présente que Sherlock ne soignait pas, n’y pensant pas plus qu’autre chose. Le détective dont la curiosité non-comblée demandait réponse, aperçu la sacoche noir de Caleb, celle-là même dans laquelle il avait l’habitude de transporter son matériel de soin. Il fallait dire que John avait eu plus d’une fois eu besoin de l’appeler lui, car le sociopathe qu’était Sherlock refusait de se faire soigner et qu’il devait s’y mettre à deux pour lui faire comprendre que s’était nécessaire. Les malotrus! S’était déloyal que de s’y mettre à deux…

- « Sherlock, tu permets que je vérifie tes blessures? » demanda Caleb d’une voix douce, mais qui vibrait d’autorité.

- «   De toute façon si je refuse tu le feras pareil. Je devine que tu as quelque chose pour me garder tranquille si jamais je ne suis pas coopératif! » cracha presque le détective qui n’en pensa pas moins « De toute façon, je ne suis pas en état de lui tenir tête » et ce simple fait, de réaliser sa faiblesse face à l’autre homme le forçait encore plus dans ses retranchements.

Jamais Sherlock n’avait été en état de faiblesse à ce point, incapable de se défendre. Il avait toujours eu une échappatoire, une perche qui lui était tendue et qui lui avait permis de prendre le dessus. Sauf lorsque la douce épouse d’un certain John Hamish Watson avait eu l’idée de lui tirer dessus, en plein cœur. Même face à Moriarty, il était parvenu à garder une longueur d’avance. Sherlock se tendit légèrement lorsqu’il sentit deux mains sur lui, repoussant violement le propriétaire des deux membres. Son cœur s’emballa, l’adrénaline coula dans ses veines, un goût de fer emplit sa bouche et un incendie coula dans son corps, remontant jusqu’à son cerveau. Haletant, cherchant son souffle, le regard dilaté du détective se posa sur son visiteur dont il avait oublié la présence, pas un ennemi, pas lui lui

- « Sherlock? » une voix grave, lointaine, mais pas la sienne… « Sherlock! » encore son nom, de l’inquiétude, pas de la supplication cette fois…

Deux mains larges se posèrent sur ses joues et deux orbes bleutés entrèrent dans son champ de vision. Le corps du détective était pris de tremblement, sa respiration était difficile. « Une crise de panique… » songea Sherlock, amusé qu'encore une fois son corps en fasse à sa volonté sans qu'il puisse y faire quoi que ce soit. Le médecin lui tendit un sac de papier sortit de son sac, mais le détective le rejeta, alors sans plus de cérémonie le blond se leva et prépara du thé alors que le plus petit des deux hommes s’était inconsciemment replié sur lui-même dans son fauteuil comme s’il tentait de se protéger de quelque chose, ou… de quelqu’un. La peur, quel sentiment étrange! C’est comme le résultat d’une expérience dont le résultat lui est obscur, incongrue. Si fascinant, mais en même temps indésirable et pas le bienvenu. Le corps du détective, malgré toutes ses tentatives, garde ses réflexes primitifs de protection alors que tout danger est écarté. Le Monstre ne se cache ni dans le placard ni sous le lit comme lorsqu’il était petit, ni dans son esprit comme certain l’aient crue près de trois ans plutôt, mais dans la rue à l’ombre d’une ruelle, tapi et attendant, telle une vicieuse araignée, qu’une proie se prenne dans sa toile. Tel un serpent, attendant d’apercevoir la chaleur d’un corps comestible.

Soudain Sherlock sentit de la porcelaine sur ses lèvres et ses doigts se refermèrent sur leurs jumeaux alors qu’un liquide chaud coula dans sa bouche, puis dans sa gorge et que le gout du thé vert titilla ses papilles. La chaleur du breuvage anglais coula dans son corps tremblant, ses mains tentèrent de s’emparer du récipient, mais l’autre génie refusa qu’il s’en saisisse de peur que le liquide chaud ne se renverse entre les mains tremblantes du cadet des Holmes. Après quelques gorgées, espacées par des minutes de silences où il sentait la présence de l’autre corps fort, qui avait quelque chose de rassurant, près du sien qu’il percevait dans le brouillard qu’était son esprit, Sherlock commença à se calmer. Sa respiration se fit plus régulière, plus facile, son corps commença doucement à cesser de shaker comme celui d’une petite bête effrayée. Voyant que Sherlock s’était calmé, le médecin pris place en face du détective. Son regard était emplit d’inquiétudes sincères, mais Sherlock Holmes ne répondit pas et son regard à lui se perdit dans le vide, se murant dans son palais mental duquel… il ne restait rien. Que des gravats. Perdu dans ce qui avait été son repaire mental, Sherlock sentit Caleb extraire ses bras de sa robe de chambre qui tomba sur ses hanches, révélant sa maigreur alarmante qui avait empiré depuis le départ définitif de son ancien colocataire qui avait emménagé pour de bon avec son épouse.


Un picotement par-ci, une douleur aiguë là lorsque les chairs mortes et infectées étaient retirées, l’odeur de fer qui montait par moment, noyé dans celle de l’alcool désinfectant  qui le brûlait comme un fer rouge, mais le détective ne montrait rien, comme s’il était déconnecté de la réalité. Ce qui n’était pas totalement faux. Il avançait ainsi, dans les décombres de son palais mental, descendant l’escalier de béton dont les rampes étaient maintenant dévoré par les termites et la mousse, les marches elles-mêmes n’étaient pratiquement plus rien, rongées par le temps. Un pic de douleur lui fit fermer les yeux, le rouge s’imposa à lui malgré ses paupières clauses et le détective se sentit soudain chuter par derrière, comme s’il perdait connaissance. Il ne tenta pas de se rattraper, son corps n’était plus qu’un bloc de glace immobile. Il percuta les marches qui volèrent en éclat comme si elles étaient fait de verre et sa chute continua jusqu’à ce qu’il percute un sol froid, humide. Le bruit de gouttes d’eau tombant dans de petites flaques attira son attention, le froid environnant pénétra ses os et des bruits de chaînes le firent frissonner.

Pas là…

Les deux orbes bleues s’ouvrir et parcoururent rapidement la pièce sombre et humide avant de se poser sur une silhouette large appuyée sur un parapluie et qui le fixait depuis l’obscurité. De nouveau la peur prit aux tripes le consultant qui, maladroitement, parvint à se redresser alors qu’une voix à la fois familière et inconnue s’élevait, dédoublée comme si deux personnes parlaient à la fois.

- « Tu es si ridicule Sherlock, comme si la peur pouvait te protéger! Elle ne fera que te tuer… »

- « Ridicule! » repris l’écho, moqueur alors que la silhouette faisait un pas et que le parapluie en lambeau émergeait dans la seule lumière de la pièce, tenue par une main d’une pâleur maladive.

- « Crois-tu réellement que la fuite te permettra d’y échapper Sherlock? De te soustraire à lui? » repris l’ombre à la voix déformée, son ton légèrement moqueur et supérieur, comme il l’avait toujours été dans leurs joutes, lui qui avait l’esprit plus aiguisé que le sien, de toute façon il était son aîné, s’était plus que logique.

- « Tu ne peux pas m’échapper Sherlock Holmes, où que tu sois, je te traquerai, te retrouverai » fit l’écho en sifflant tel un serpent alors que le bruit de chaîne se fit se retourner le trentenaire qui bondit en arrière alors que son visage se retrouvait à quelques centimètres de celui du défunt Spécialiste qui n’était plus que l’ombre de lui-même, enchaîné et vêtu d’une camisole de force sale et décrépie.

- « Peux-tu la sentir Sherlock, la peur et la douleur? Oh, allez Sherlock, juste te perdre dans la fuite futile, ce n’est pas toi. John Watson est en danger, tout le monde est en danger… »

Les murs suintants d’humidité commencèrent à se fissurer, le plafond à tomber en morceau qui frôlait la silhouette toujours tapie dans l’ombre. Un large morceau tomba finalement sur la tête de la silhouette, un filet de sang perla sur la main pâle dont la peau étaient ronger, révélant petit à petit les chairs, puis les muscles, les tendons et enfin les os et les cartilages. La main se leva, échappant le parapluie qui n’était plus rien, brisé, détruit, s’ouvrant vers lui comme dans un appel au secourt, saignante alors que la peau glissait jusqu’à tomber au sol.

- « Sherlock… » marmonna pleine de détresse la voix alors que, telle un fauve, une main aux griffes d’acier sortie des ténèbres et attrapa la tête de la silhouette, la tirant dans l’obscurité.

- « MYCROFT! »


Deux bras fermes entourèrent les épaules du détective qui se retrouva prisonnier contre un torse ferme. Une odeur masculine mélanger à la sueur et à une touche de menthe lui chatouilla les narines. Sherlock se débattit, griffa les deux bras fautifs de son emprisonnement jusqu’à sentir un liquide poisseux rouler sur ses ongles et que celui qui le maintenait ainsi commence à le… bercer…  Interdit, Sherlock ouvrit les yeux, réalisant qu’il avait la tête nicher contre un cou pâle, que la sueur perlait sur son corps comme s’il se trouvait au milieu d’une canicule, mais il n’était plus dans les égouts, seulement dans sa chambre. Haletant, le détective chercha son souffle, perdu, incapable de lutter contre les bras poisseux de sang qu’il avait profondément entaillé. Revenu à lui, ne sachant quand il était tombé endormit, le cadet des Holmes reconnu le propriétaire des bras qui le berçait, permettant à son cœur de se calmer.

Un rêve, ça n’avait été qu’un rêve…

Sherlock sentit ses yeux le piquer, il les essuya, réalisant que ses joues étaient humides de larmes salées et que son corps tremblait de nouveau, plus intensément que jamais. Pourtant, ce n’était qu’un cauchemar! Rien d’autre! Le détective ferma les yeux, tentant de reprendre contrôle de son corps alors que l’autre homme cessa de le bercer, se détachant de lui un instant pour allumer la lumière qu’il n’avait, semble-t-il, pas prit le soin d’allumer en entrant dans la chambre. Sans doute Caleb avait-il été alerté par un cri? Quoi qu’il en soit, la lumière aveugla le bouclé qui plissa les yeux, les entrouvrant légèrement pour fixer le sang perler des avants bras du blond. Il ne l’avait pas manqué décidément! Le docteur resterait avec des cicatrices à tous les coups… Le psychologue quitta la chambre, sans un mot. Il ne revint que quelques minutes plus-tard, les deux bras bandés et tenant un bol d’eau avec un linge.  Toujours assit dans son lit, Sherlock ne retrouva rien à redire lorsque son médecin de nuit commença à passer le linge humide et frai sur son visage et son cou avec douceur, comme s’il avait peur de le briser, de le blesser plus qu’il ne l’était déjà.

- « Bon sang Sherlock, qu’est-ce qui a bien pu t’arriver pour te mettre dans cet état? »

- « Rien » répliqua de façon sèche le détective qui détourna le regard pour le poser sur sa fenêtre, remarquant qu’il faisait toujours nuit, ou peut-être n’était-ce qu’à cause des nuages?

- « Rien? Bon sang Sherlock! Tu t’es mis à crier comme si on te dépeçait vivant! Tu m’as charcuter les bras… »

- « S’était à toi à ne pas me toucher… » siffla le concerner, braquant son regard dans celui de son homologue, mais se tue, ne voyant dans les yeux de l’autre homme qu’une peur, une inquiétude sans nom. « Ce n’était qu’un cauchemar, tout le monde en fait »

- « Pas des comme ça, sauf si tu as vécu un traumatisme… Sherlock, que t’est-il arriver durant ton absence? Dans quel merdier étais-tu? »

- « Je ne veux pas en parler » répondit simplement le détective en s’allongeant de nouveau dans son lit, tournant le dos au blond comme s’il cherchait à l’oublier. Il s’emmitoufla dans ses couvertures, se créant un cocon protecteur contre le monde extérieur comme aurait dû le faire son palais mental, mais quel palais?

- « Tu ne veux pas, ou tu ne peux pas Sherlock? » Le détective ne répondit rien, et entendit simplement soupirer Caleb après un moment, résigné. « Rendors-toi, je resterai proche au cas où tu nous referais un cauchemar »

- « Tu n’es pas ma mère, Caleb. Tu es pire que Mycroft… »

- « Peut-être… Mais il faut bien quelqu’un qui te veille non? »

Sherlock ne répondit pas, ne comprit pas la question. Il avait déjà son aîné qui le maternait plus qu’une poule, pas besoin d’un deuxième qui se mettrait de la partie! La lumière s’éteignit et il sentit le bord de son lit s’affaisser, devinant que l’autre homme s’y était assis, dos au mur. Il sentit les doigts de mêler à ses cheveux en une caresse qui ce voulait réconfortante, comme s’il était un gamin à qui il fallait remonter le moral! Mais pourtant le détective sombra de nouveau dans les bras de Morphée, sans aucun rêve. Lorsqu’il s’éveilla le lendemain, Caleb était parti. Ses bandages avaient de nouveau été changés et un déjeuner lui avait été préparer. Le psychologue/neurologue/médecin/anthropologue lui avait laisser une note disant qu’il repasserait en soirée changer ses pansements et s’assurer qu’il mangerait. Sherlock chiffonna la note et la jeta dans les poubelles avec les saucisses, le bacon tiède et les œufs à la coq malgré que son corps avait besoin de nourriture. Il refusait de manger, cela le ralentirait et il refusait d’être ralenti. Dans un claquement de robe de chambre, le détective alla s’allonger sur son divan, face au mur, et n’en bougea pas, écoutant attentivement chaque bruit de l’appartement, cherchant à déceler celui qui révélerait qu’il ne serait pas seul…


AVENGEDINCHAINS


Dernière édition par Gabriel X. L. Scott le Lun 1 Juin - 8:52, édité 1 fois
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Gabriel X. L. Scott
MessageSujet: Re: You cry a river of blood in your broken mind Palace. Don't try to hide it to me Sherlock    Dim 17 Mai - 21:51


You need to say those words, Sherlock
Sherlock/Caleb




Le ciel gris londonien était morne, sans vie. La brise soufflait de la poudreuse dans les rues désertes de véhicules, encombrant les trottoirs qui avaient pourtant été déneigés à plusieurs reprises déjà alors qu’il n’était pas dix heures passé. Les enfants ne trouvaient rien à redire à cette tempête de neige, salvatrice de journées d’écoles ennuyeux et de devoirs encombrant. Quelques personnes s’attroupaient dans les restaurants, les cafés, parlant de la météo et du réchauffement climatique qui, peut-être, ferait engloutir l’Angleterre. Emmitouflé dans un chaud manteau, Caleb arpentait les rues pratiquement désertes de monde, l’esprit perdu à se poser des questions dont les réponses ne pouvaient lui parvenir aisément. Son inquiétude était grande, mais invisible aux yeux des autres passants qui ne voyaient qu’un homme souriant, heureux comme un gamin de la neige qui tombait. En réalité, Caleb se faisait un sang d’encre pour le détective. Ce dernier n’avait que la peau sur les os et s’il n’avait pas été forcé de regarder Twilight 4 première partie avec un de ses patients, le psychologue aurait juré que personne ne pouvait être plus maigre que le détective. Quoi que même Bella enceinte avait plus de graisse que le cadet des Holmes.

Un poing enserra le cœur du blond lorsqu’il repensa à ses membres fins dont il sentait les os saillirent au travers la peau blessée, leurs courbes visibles à l’œil nu. Il avait pu aisément dénombrer les côtes de Sherlock sans même les touchers et cette maigreur maladive l’inquiétait. Pourquoi John n’avait-il rien remarqué? Il fallait dire que le pauvre médecin n’était pas réellement en état non plus de tout voir, même l’évidence après ce qu’il avait connu. En effet, en cet instant la vie ne devait être qu’une palette de couleurs aussi sombres les unes que les autres, un manque d’intérêt pour la vie devait l’animer au plus profond de son être comme un pantin que la vie manipulerait tout simplement. Une légère colère anima cependant le détenteur de quatre doctorats. Comment le meilleur ami de Sherlock avait-il pu l’abandonner dans cet état? Oh certes, le malheur s’était abattu sur lui et le violoniste n’était pas du genre très loquace en ce moment, s’était un euphémisme car Sherlock Holmes était plus sauvage qu’une bête sauvage blessée, mais il avait besoin de ses amis, de ses proches! Pas qu’on lui tourne le dos… Même s’il le cherchait voracement.

Mais sa colère s’envola rapidement alors qu’un sentiment de lassitude le submergea. Ils avaient tous été inquiétés de la disparition du détective consultant, avaient tous craints que ce dernier ne fasse une connerie irréparable Dieu seul sait où. Impossible de contacter Mycroft alors qu’un Monstre arpentait librement les rues, répandant le sang et le chaos dans la capitale anglaise comme l’Éventreur l’avait fait plus d'un siècle plutôt, mais ses victimes à lui était cent fois plus nombreuse! Caleb avait d’ailleurs envoyé son fils adoptif en Irlande passé le temps des Fêtes chez ses grands-parents pour être sûr que rien ne lui arriverait. Les doutes commençaient à monter dans l’esprit aux milles rouages du Mentaliste qu’était Caleb, mettant en place des pièces qu’il avait cru hors de porter, mais que le comportement d’un certain bouclé aux yeux de glace lui avait fait réaliser l’accessibilité. Ainsi, le psychologue en était certain, Sherlock Holmes avait disparu de la circulation car il était sur la piste du Reaper. Cela expliquait les disparitions du Yard, l’absence de meurtre durant de longue période et les cadeaux envoyé à plusieurs membres du gouvernement. Mais surtout, le pourquoi Mycroft était si distant! Sans doute que l’aîné des Holmes avait refusé que son cadet ne suive ce meurtrier plus que dangereux et que comme d’habitude Sherlock en avait fait à sa tête…

Soupirant, le géant qu’était Caleb entra dans un petit café, époussetant la neige qui s’était accumulée sur ses cheveux et son manteau avant de se diriger vers une petite table au fond, près d’une fenêtre où un petit homme l’attendant. Le nez plongé dans son café, les yeux cernés de noirs et les traits tirés, John Watson n’était plus que l’ombre de lui-même. Caleb avait l’impression de revoir son ami après le décès de Sherlock, voir dans un état pire encore! Retirant son manteau, Caleb s’installa face à l’autre homme qui releva à peine sa présence. Son regard bleu se perdit sur les bandages de ses bras qui dépassaient du kangourou qu’il portait, abstraction de ses costards habituels. La question était muette, mais évidente. Un fin soupire traversa les lèvres du cadet qui se dit que se tenir avec deux tombes étaient pas bons pour la santé mentale et que faire la parlote seul de son côté ne devait pas aider.

- « Sherlock à juste fait un cauchemar passablement violent, pire qu’une terreur nocturne! » soupira le plus jeune des deux hommes, passant commande d’un café noir, corsé, et d’une amandine. « Je m’inquiète de sa santé John, ô que mon inquiétude est grande mon ami… Je n’ai jamais vu être aussi maigre que lui! Dire qu’il a la peau sur les os est un euphémisme. »

- « Ne t’inquiète pas Caleb, Sherlock a toujours été maigre… »

- « Non John, je veux dire qu’il est dangereusement maigre! Plus que d’habitude au point où j’ai réellement peur de devoir l’hospitaliser de force John… »

L’autre médecin le dévisagea, interdit, neutre. Une certaine colère brillait dans le fond de ses iris, ce qui fit soupirer doucement le blond doré. Caleb se passa une main dans les cheveux, les ébouriffant légèrement. Caleb savait pertinemment que depuis le décès violent de Mary, il n’y avait pas d’autres mots pour décrire le carnage qu’avait été la scène de crime, John en voulait un peu à Sherlock de continuer à être aussi mordant avec lui et surtout de ne rien faire pour tenter d’élucider le meurtre. S’était pour ça que le meilleur ami du détective n’était pas retourner vivre au 221b principalement, laissant la place à l’autre médecin pour dompter le fauve enragé. Fauve, qui ne savait pas que Mary était morte… Ou tout du moins l’avait-il plus probablement oublié? Caleb ne savait pas comment aborder le sujet de son hypothèse, comment réagirait l’autre médecin assit en face de lui. Le silence perdura jusqu’à ce qu’on apporta sa commande au Neurologue qui pris une bouché de son croissant aux amandes avant de soupirer.

- « Sherlock souffre d’Amnésie Rétrograde » lâcha-t-il sans détour, telle une bombe.

- « Quoi? »

- « Sherlock a oublié plusieurs choses, dont le décès de Mary et ce qu’il a fait durant sa disparition de la circulation. Je crains qu’il n’ait confronté le Reaper en personne. Ses blessures sont importantes et elles étaient infectées. Je dois repasser ce soir, je changerais ses bandages et m’assurerai qu’il mange, quitte à devoir l’attacher »

John ne répondit pas, prenant simplement son visage dans ses mains. Pas besoin d’être un génie pour comprendre que le pauvre vétéran venait de réaliser qu’il avait ignoré pleinement l’état de son ami, interprétant mal son comportement. Caleb devinait que le plus petit avait dû croire à une vengeance du détective car il était retourné avec la femme qui avait tenté de le tuer. Ce qui aurait été logique, même que de son côté Caleb aurait sans doute tué de ses propres mains cette petite conne! Et donné une bonne leçon à John au passage. Parce qu’entre les deux, s’était plutôt John qui avait trahi Sherlock. Comment le blond cendré avait-il pu pardonner à cette femme qui avait failli prendre la vie à son meilleur ami? Si le Reaper n’avait pas emporté Mary Watson, sans doute que le psychologue l’aurait fait, tôt ou tard. Quand à s’avoir le moment exact, dur à déterminer!

La conversation se prolongea, la colère du John rancunier fondait lentement alors que Caleb lui listait les blessures qu’il avait pu voir sur le corps du détective, des symptômes dû au sevrage qui se faisaient bien marquants alors que celui-ci n’avait pas retouché à la drogue depuis très longtemps. Ces blessures étaient des marques de tortures et pour avoir vu de nombreux patients victimes de sévices divers, Caleb était sûr de son coup. Mais quand à savoir ce qui était réellement arrivé au détective, dans quel contexte ces blessures lui avaient été faites, le psychologue était incapable d’être formel. Mais elles remontaient toutes plus ou moins entre la disparition du consultant et son retour parmi eux. Watson proposa de retourner auprès de son ami, mais Caleb nia que cela fut une bonne idée, pour le moment. Le détective sortait les griffes et il valait mieux pour le médecin aux nerfs fragiles qu’il attende que la situation se calme avant de retourner vivre avec le consultant. Sans parler que le vétéran n’était pas le meilleur menteur du monde et que confronter Sherlock à la réalité, à son amnésie, pouvait être risqué. Caleb reçu un appel d’urgence sur son biper pour un patient en Neurologie. Il quitta l’autre médecin, le rassurant en disant qu’il s’occuperait de Sherlock personnellement. S’il avait su ce qui l’attendait!





Un rire cristallin résonnait dans les couloirs sombres et humides. De l’eau souillé jusqu’aux chevilles, Sherlock courait à la poursuite de cette ombre qui le distançait toujours de plus en plus comme si elle se fondait à l’obscurité, glissant sur les parois ruisselantes d’eau condensée. La robe de chambre du détective claquait derrière lui, ouverte juste assez pour dévoiler un torse imberbe, pâle et trop maigre. L’air était glacée, collait à la peau cireuse du cadet des Holmes qui sentait son cœur battre à la chamane. Sherlock ne savait pas comment il était arrivé dans les égouts, mais il y était! À la poursuite de qui? Encore une question sans réponse. Mais ce rire, cette voix… Elle lui rappelait un certain irlandais fan du Westwood.

Le couloir tourna abruptement sur la droite et avant qu’il ne puisse s’arrêter, le détective chuta dans le vide, tombant dans une eau profonde et nauséabonde. Il sentit une douleur lui vriller le bras comme si un morceau de verre si était enfoncé et qu’on s’amusait à le tourner dans ses chairs. Après quelques brasses, maladroite, et après avoir perdu sa robe de chambre devenue lourde à cause de l’eau qu’elle avait absorbée, Sherlock se hissa hors des eaux répugnantes, tremblant de froid sous l’assaut des courant d’air sur son corps mis à nu. Ses yeux bleus, habitué à l’obscurité, perçurent des zones plus sombres au sol et, lentement le détective s’en approcha.

Des cadavres.
Des squelettes…
Les restes d’enfants, d’adultes, d’animaux…

L’odeur de la putréfaction provenait des tas de chairs en décompositions, corps morts et auxquels on n’avait pas eu la bonté d’âme d’offrir un semblant de sépultures. Ces restes humains qui avaient été jetés tels des ordures, rien qui ne valait une larme ou un remord. Que de la chair autrefois fraîche et maintenant avariée. Un petit corps chétif attira le regard de Sherlock qui se pencha. La dépouille était celle d’un petit être qui ne devait pas avoir vu plus qu’un ou deux étés, au maximum. Ses os présentaient de nombreuses fractures, certaines avaient dû être même faites après la mort. Des expériences du vivant de l’enfant jusqu’à dans sa mort…

Un caillou roula derrière lui et d’un bond le détective fut de nouveau sur ses pieds, tournant sur lui-même à la recherche de celui qui avait causé le bruit. L’adrénaline coulait à flot dans son corps, de son sang jusqu’à gorger chaque muscle. Mais pourtant il n’y avait rien. Sherlock avait l’impression de poursuivre un spectre, un fantôme, quelque chose d’intangible et qu’on ne pouvait saisir que l’espace d’une fugace seconde du coin de l’œil. Tout était silencieux, mise à part la cascade d’eau usée de laquelle il était tombé comme un bleu. Il fit quelque pas encore et avant qu’il n’ait le temps de faire le moindre geste un reflet argenté perça l’air à sa droite et une douleur fulgurante lui traversa le torse, faisant grogner de douleur Sherlock Holmes qui tomba à genoux. Le brun porta sa main à son torse et sentit quelque chose de poisseux contre sa main avant qu’un choc à la tête ne lui fasse perdre connaissance.


Et Sherlock ouvrit les yeux.

Le silence était maître des lieux. S’était comme si le temps avait été suspendu, que cette rivière temporelle s’était arrêtée depuis une éternité. Tout était sur pause, jusqu’aux secondes. Dehors, le soleil se couchait, colorant les nuages de multiples teintes de couleurs improbables, passant du rose au mauve, du orange au noir charbon. Alors que la neige avait cessé de tomber et que les rues se montraient plus vivantes, le locataire du 221b lui semblait toujours plongé dans une profonde léthargie. Depuis son éveil, remontant au matin, Sherlock Holmes n’avait pas bougé de son divan, n’avait ni manger ni bu, fixant sans ciller le mur où il y avait eu un jour un smiley jaune et des trous de balles. Il avait plongé à de nombreuse reprise dans les bras de Morphée, son corps luttant contre les nombreuses infections dont il était victime avait besoin de ce repos.  L’ennui l’avait ciblé comme un vorace ennemi et rien ne semblait vouloir lui faire lâcher prise. La seule chose qui aurait pu le sortir de son ennui était aussi devenu la source de ses crises .

Le Reaper…
Le Faucheur de Londres.

D’abord Sherlock Holmes n’y avait pas cru et pour cause! Son histoire relevait plus de la légende urbaine que de la réalité, comme l’histoire du bonhomme sept heure qui enlève et dévore les enfants qui ne sont pas rentré à cette même heure. Qui pouvait y croire? À un meurtrier qui attrapait n’importe quel passant, l’entraînant dans son antre sous-terraine au cœur des égouts de la ville, un repaire digne du laboratoire du Dr Frankenstein! Il faisait subir à ses victimes les pires immondices, les torturaient, brisaient leur esprits, leur corps jusqu’à ce qu’il ne reste plus de ses proies qu’une coquille vide et, comme avec les fruits de mers, les savourait. Un monstre tout droit sorti  d’un livre de Stephen King ou de l’imagination d’un enfant terrorisé! On lui rapportait des centaines de meurtres, mais si ce démon londonien existait, le Yard et lui-même l’aurait remarqué depuis le temps!

Mais il s’était trompé.

Maintenant il ne cessait de revoir ce masque blanc. Ces griffes si longues, luisantes à la lueur des chandelles. Il sentait l’humidité coller à sa peau… Et ce rêve! Ce cauchemar plutôt, lui avait semblé si réel! Sherlock sentait encore l’eau couler sur son corps, le froid mordant de l’eau contre sa peau nue.  La douleur avait été réelle, beaucoup trop.

La porte de l’appartement s’ouvrit d’un seul coup, doucement malgré tout, faisant sursauter Sherlock qui se contorsionna la tête pour tenter d’apercevoir qui rentrait chez lui, dans son trou. Décidément, il devait penser un peu plus sécuritairement et verrouiller la porte. Le détective avait pris cette mauvaise habitude pendant son petit jeu avec son Némésis puisque celui-ci, de toute façon, entrait quand bon il lui semblait. Avec Magnussen, il n’en avait pas éprouvé le besoin… Il n’y avait que John pour vérifier tous les soirs que la porte était fermée à clef et puisque le vétéran n’était plus là…

- « Sherlock, j’espérais qu’au moins tu mangerais les œufs! » soupira une voix qu’il reconnaîtrait entre mille. « Laisses-moi deviner, tu ne veux rien manger car ça te ralentirait? Bon sang, Sherlock, tu as besoin de manger ou tu vas te tuer! Ne me force pas à acheter de la nourriture pour bébé et te donner la becquer. J’en serais capable. Je vais commander des sushis, c’est facile à manger, léger, tu ne devrais pas avoir de difficulté à digérer ça » continua la voix qui bougeait dans l’appartement.

Le détective entendit le nouvel arrivant déposer une valise, ainsi Caleb avait décidé d’emménager avec lui? Combien de temps? Pourquoi? Questions idiotes qu’il se posait là! Le psychologue resterait jusqu’à ce qu’il aille mieux et parce qu’il s’inquiétait de sa santé. Soudain Sherlock perdit son équilibre sur le divan, s’étant un peu trop pencher la tête en arrière. Il y eu un bruit sourd lorsque son corps frappa le sol, le laissant dans la surprise la plus total. Un léger silence s’installa avant qu’un rire doux ne parvienne aux oreilles de l’infortuné qui ne put retenir un léger sourire en se redressant, puis il reprit sa place sur le divan, mais cette fois dos à son mur. Le regard bleuté du bouclé se posa sur le grand homme qui était vêtu plus décontracté que la veille avec un kangourou blanc rayé noir, un jogging gris en guise de pantalon. Ses cheveux blonds étaient humides de la neige qui était en train de fondre, tout comme son manteau noir mit sur le dossier d’un fauteuil. Caleb avait son téléphone porté à l’oreille et, dans la langue japonaise, commandait ce qu’il avait énoncé plutôt. Tout du moins était-ce là les déductions du détective.

Devinant déjà que, lorsqu’il aurait raccroché, Caleb voudrait changer ses bandages, Sherlock retira ses bras de manches de sa robe de chambres, la laissant tomber sur ses hanches comme la veille. Les bandes autrefois immaculées étaient devenu d’un rouge brunâtre par endroit, un peu jaune ailleurs. Sans réellement se demander si ça lui ferait mal ou s’il se mettrait à saigner, Sherlock commença à défaire ses bandelettes, il fronça les sourcils en voyant que ses chairs s’était comment dire… un peu coller aux bandelettes? Il voulait tirer un bon coup, mais une main l’arrêta au dernier moment, serrant à peine son maigre poignet entre ses doigts. Levant les yeux, le consulta croisa le regard plein de reproche de Caleb qui raccrochait.

- « Laisses-moi faire Sherlock, je n’ai pas envie que tu te blesses plus que tu ne l’es déjà » soupira le médecin en partant vers la cuisine, disparaissant du champ de vision du détective.

- « Je n’ai pas besoin de toi pour changer mes pansements, je sais comment on fait! Pas besoin d’avoir un doctorat pour ça… » pesta le trentenaire,  regardant la bandelette qui le narguait et sans attendre le retour du médecin, tira sur le pansement sans retenu.

Un cri de douleur et de surprise franchit ses lèvres alors que le sang commençait à perler sur son bras. Alerté, Caleb débarqua dans le salon à la course, un bol d’eau dans les mains. Le blond se prit un instant le visage dans la main en voyant ce que le détective avait fait. Sans un mot le docteur s’approcha, s’agenouillant en face de Sherlock avant de lui prendre le bras et d’essuyer le sang qui coulait à flot, clair, sur la peau opaline. Il rinça ensuite la blessure, l’observa silencieusement avant de mettre la débarbouillette qu’il tenait sur la source de l’hémorragie et pressa pour l’arrêter. Sherlock contracta ses muscles sous la légère douleur, mais ne dit rien et le silence s’installa de nouveau. Le détective attendait les remontrances, les « je t’avais dit de ne pas faire ça! », mais le médecin restait obstinément silencieux, le regard soucieux et étrangement Sherlock en fut soulager de ne pas se faire chicaner comme un gamin, ou traité de taré comme Donovan l’aurait fait. Après quelques minutes le blondin lâcha le bras et l’épongea doucement avec une nouvelle débarbouillette. Sherlock remarqua enfin qu’il en avait une jolie petite pille sur les genoux et haussa un sourcil. Caleb avait donc prévu le coup? Le cadet des Holmes leva les yeux en sentant Caleb se relever.

- « Maintenant ne touche à rien, je reviens… » furent les seuls mots dit par le docteur avant qu’il ne parte vers la cuisine, attrapant au passage son sac contenant son nécessaire de médecine à la maison.

Sherlock aurait voulu le suivre, voir ce qu’il faisait, mais une petite voix dans sa tête lui disait que ça ne serait pas très intelligent de sa part. Bon, le blondin de service ne lui avait pas dit de rester sur le divan, donc il pouvait se lever… sauf que se connaissant, Sherlock savait qu’il pillerait sans doute sur la bandelette de son bras et s’étalerait au sol comme la merde qu’il était devenu. Donc pour se lever il devait toucher au bandage, ce qui lui était interdit. Il n’avait qu’à le couper! Sherlock chercha des yeux les ciseaux, mais ne les trouva pas. Où Diable John les avait-il mis?

- « Sherlock, qu’est-ce que tu cherches encore? »

- « Les ciseaux pour couper ce fichu bandage! » siffla légèrement Sherlock, levant le bras pour montrer le dis fichu bandage, faisant soupirer le médecin sur qui il posa les yeux. « Qu’es-tu allé faire dans la cuisine? »

- « Un cataplasme pour ton bras » dit simplement le médecin, s’agenouillant entre les jambes du détective qu’il écarta.

Celui-ci se laissa faire, laissant le médecin mettre sa mixture à l’odeur de vanille sur son bras blesser et changer le reste de ses bandages. Il frémissait à chaque fois que l’eau, dont imbibait Caleb les bandages, coulait sur sa peau à nue. Après de longues minutes, où aucun incident ne se produisit malgré le profond silence qui régnait entre eux, Caleb eut enfin fini. Il donna des antibiotiques au détective qui fut bien obliger de les prendre pendant que Caleb jetais les bandages usés et faisait tremper les débarbouillettes ensanglantées. On sonna enfin à la porte, preuve que le souper était enfin arrivé. Caleb alluma la lumière avant de descendre prendre la commande pendant, qu’allongé, Sherlock suivait du bout des doigts l’une de ses côtes flottantes. Ses mouvements se faisait de plus en plus rapide alors qu’il cherchait à se souvenir d’où il avait pu tenir ses blessures, mais chaque fois une douleur aiguë le prenait à la tête et le noir s’imposait à lui. Il n’entendit pas l’autre habitant du logis revenir, lui parler, trop concentrer à se rappeler des souvenirs qui se cachait dans sa mémoire comme une sourie effrayée par le chat.  

Soudain il sentit une main se poser sur son épaule et Sherlock rouvrit ses yeux qu’il n’avait pas souvenir d’avoir fermé. Son regard s’embriqua dans deux perles de saphir qui brillaient d’inquiétude. Une douce chaleur sur sa joue attira l’attention du détective qui y posa sa main, sentant une jumelle sous ses doigts. Le pouce qui ne lui appartenait pas caressa sa joue doucement avant que la main du médecin ne se retire de sa joue creuse.

- « Sherlock, qu’est-ce qui ne va pas? » La voix était douce, maîtrisé, mais le détective y devinait les sentiments du médecin à son égard, une inquiétude à peine voilé.

- « Rien, tout va bien Caleb » tenta le détective, mordant

- « Non ça ne va pas Sherlock et je le vois très…. »

- « Non tu ne peux rien voir! Comment peut-on voir dans l’esprit de quelqu’un dit moi Caleb? Impossible. Il faudrait être télépathe et ça n’existe pas, donc tu ne peux pas voir dans mon esprit »

- « Sherlock… Tu. Ne. Va. Pas. Bien. » dit lentement Caleb, articulant chaque mot. « Sherlock, tu as perdu la mémoire » dit-il le plus doucement possible

- « Non! Ma mémoire va très bien… »

- « Et Mary, comment va Mary? »

- « Bien, je l’ai vu il doit y avoir deux semaine… »

- « Sherlock, Mary Watson est morte il y a deux semaine. »

Un lourd silence s’installa alors que, sous le choc, Sherlock tentait de voir si l’autre homme plaisantait. Il n’y avait pas d’autres solutions! Comment…. Comment aurait-il pu oublier ça? Mary, morte? Cela expliquait aussi le comportement de John plus à fleur de peau que jamais, son départ…

- « Sherlock… »

- « NON! Je ne suis pas amnésique! » cria presque le détective, bondissant du divan et arpentant la pièce énergiquement

- « Sherlock, dis le… »

- « Dire quoi? Ce que je ne suis pas!? »

- « Alors dis-moi d’où tu tiens ces traces de tortures… »

- « »

- « Dis-le-moi. Si tu n’es pas amnésique, tu devrais y parvenir »

Un léger silence s’installa encore entre eux, électrisant la pièce. Les deux hommes tenaient fermement leur bout de la corde et tous deux étaient déterminés à faire flancher l’autre dans ses paroles. Le regard de Sherlock était noir, mauvais, un animal blessé que l’on coince dans un coin de la pièce et qui cherche à se défendre avec ses dernières forces alors que Caleb était le vétérinaire, déterminé à soigner le patient récalcitrant. Caleb prit place dans le divan, sans lâcher du regard le détective qui comprit le message cependant « Garde le silence si tu veux, mais viens manger ». Il aurait bien envoyé le blond baladé, s’il ne le savait pas capable de l’attraper et de l’attacher pour le forcer à se nourrir. Sherlock alla donc prendre place à côté du blondin et pris les baguettes qu’il lui tendit avant de prendre un premier sushi végétarien et se le fourrer dans la bouche. Il entendit clairement son estomac gargouiller sous la nourriture sur sa langue, heureux d’avoir enfin quelque chose à digérer. Il entendit Caleb rigoler et ce tourna vers lui pour lui lancer une réplique acerbe, mais lorsqu’il ouvrit la bouche, le détective se retrouva avec un sushi aux crevettes dans la bouche.

- « Mange au lieu de tenter de m’insulté »

Avec toute la maturité dont il était roi, Sherlock lui tira la langue, faisant rire de nouveau le médecin.

- « Tant d’éloquence Sherlock! Dis-moi tu as quel âge? »

Le détective ne répondit rien, le regard soudain dans le vague.

- « Sherlock… Je devine que ce n’est pas facile pour toi de le dire, mais tu as besoin de dire ces mots… »

- « Et qu’est-ce que ça m’apporterait hein monsieur le psy? »

- « De l’acceptation… »

- « Je ne suis pas amnésique…. »

- « Sherlock… »

- « Non »

Caleb soupira doucement avant de poser sa main sur le front du détective.

- « Tu es brûlant de fièvre… Finis ton assiette et au lit, pas de discussion…. Sherlock… »

Le détective venait de s’allonger sur le divan, posant sa tête sur les genoux du médecin pour le faire enrager, mais cela ne fonctionna pas réellement. Un bras entoura le torse du consultant alors qu’une main vin jouer dans ses boucles doucement. Sherlock ferma les yeux et soupira. Il n’était pas habituer qu’on agisse comme ça avec lui, ou qu’on lui tienne tête ainsi. S’était, étrange. Même Mycroft aurait craqué depuis un moment, mais pas le Blond sur qui il était à moitié couché et qui se laissait faire comme si de rien était, que s’était normal.

- « Caleb … »

- « Oui Sherlock? »

- « Je crois que tu as raison…….. »

Un léger sourire naquit sur les lèvres du médecin qui prit un sushi, le donnant à Sherlock.

- « Allez manges, petit génie »



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Dernière édition par Gabriel X. L. Scott le Lun 1 Juin - 9:23, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: You cry a river of blood in your broken mind Palace. Don't try to hide it to me Sherlock    Sam 23 Mai - 7:41


Shadow Garden
Sherlock/Caleb




Un rayon de soleil vint caresser sa pommette, réchauffant la peau de son visage. Fronçant les sourcils et lâchant un grognement de mécontentement, comment avait-il pu oublier de tirer les rideaux du salon?, le détective plus que célèbre ouvrit les yeux qu’il referma aussitôt, aveuglé par la lumière du jour. Sherlock sentit quelque chose sur son front et, y portant la main, il sentit le tissu d’une débarbouillette sur la pulpe de ses doigts. De nouveau, l’homme à l’œil aiguisé fronça les sourcils, ne se souvenant pas de s’être poser une serviette sur la tête. Bougeant les jambes, le détective sentit les draps chauds caresser la peau nue de ses jambes. Les draps? Sa curiosité piquée à vif, le cadet des Holmes ouvrit de nouveau les yeux pour réaliser qu’en réalité il était dans sa chambre et non pas dans le salon. Une horrible migraine lui vrillait le crâne et il avait froid, étrangement alors que la saison avait beau être glaciale, il faisait normalement chaud dans le logis. D’un geste détaché, Sherlock attrapa le tissu qui couvrait son front et le lança sur le lit avant de se lever, mais un pan de drap s’enroula autour de sa cheville et le détective se retrouva étalé de tout son long au sol. Il se rendit compte qu’il portait toujours sa robe de chambre. Sans doute avait-il été trop épuisé pour la retirer? Mais un souvenir lui revint alors qu’enfin son cerveau se remettait en marche.

Caleb, Caleb avait été là! Il avait fait venir des sushis, avait changé ses bandages souillés… mais ils s’étaient aussi disputés à propos de la mémoire du détective. À un moment, le psychologue avait dit que Sherlock avait de la fièvre, le concerné s’en souvenait car il s’était couché sur les genoux du blond peu de temps après. Il se remémorait facilement les doigts glissant dans sa chevelure, le bras puissant qui entourait son torse comme pour le protéger. Et puis s’était le noir! Qu’est-ce qu’il s’était passé? Est-ce qu’il s’était encore endormit sans le vouloir? Ou s’était-il évanouit? Aucun souvenir ne lui revenait, encore moins celui qui aurait pu l’informé du comment il avait atterri dans son lit avec une débarbouillette sur le front! Avait-il marché ou bien Caleb l’avait-il porté comme… comme une mariée? Lentement, Sherlock se redressa, secouant sa tête bouclée pour se réveillé d’avantage. Secouant son pied prisonnier, le détective parvint à se délivrer, se posant une centaine de questions; où était donc passé le médecin? Était-il repartit travailler? Où avait-il dormit? Avait-il seulement dormi où avait-il passé les heures où le détective dormait, à le soigner? Sherlock sortit de sa chambre, se posant ses questions lorsque son regard azure fut attiré par une masse sur le divan. Deux pieds dépassaient de l’accoudoir alors qu’un manteau noir était posé sur une bosse qui respirait. Dubitatif, Sherlock s’approcha en ajustant sa robe de chambre pour cacher sa nudité, s’arrêtant dans son geste en reconnaissant la silhouette endormit de son médecin-nourrice de service.

Le quadruple docteur dormait profondément, la tête posé au creux d’un bras passé derrière sa tête, ses cheveux en batailles formaient une auréole blonde autour de sa tête donnant un air d’ange à l’homme qui était loin d’en être un à la connaissance du détective. Ou alors Caleb Nuada en était un avec des cornes, pour tenir ladite auréole, et une queue fourchue. Le trentenaire semblait passablement épuisé, les sombres cernes sous ses yeux montraient qu’il avait encore, et sans conteste, passé une grande partie de la nuit éveillé. Sans doute à le veillé, lui, le détective-qui-ne-prenait-pas-soin-de-lui. Balayant le salon du regard, ce dernier s’aperçu que le ménage avait été fait, sauf la balayeuse. Hors, madame Hudson était loin de rentrer de ses vacances! Et avec sa délicatesse habituelle, le détective l’aurait entendu avant même qu’elle ne franchise la porte. Son attention se rapporta naturellement sur celui qui partageait maintenant son logis à moitié vide par l’absence de son ancien colocataire maintenant veuf. Est-ce que le blond aurait fait le ménage?

Le bruit de la sonnette le tira de ses pensées plus qu’amusantes à imaginer et dans un claquement de robe de chambre, le détective quitta le salon pour descendre au rez-de-chaussée, ne se préoccupant pas de son habillement. Après tout, la personne qui osait venir sonner au 221b avait juste à ne pas venir! Est-ce que lui allait déranger ces pauvres idiots sans intelligence aucune aux petites heures du matin? Bon, d’accord, le matin était sans doute écoulé depuis un long moment déjà, même que sans doute étaient-ils en après-midi, le détective l’ignorait et s’en fichait. Il n’avait pas d’enquête alors pourquoi s’intéresser à l’heure?  Arrivant enfin au palier, Sherlock déverrouilla la porte qu’il ouvrit d’un mouvement sec, montrant par là son exaspération et son humeur qui se promettait exécrable pour la journée qui était bien entamée. Hors, il n’y avait personne sur le pas de la porte. D’abord étonné, Sherlock haussa un sourcil avant de franchir la porte et de chercher des yeux le petit comique qui avait joué ce tour à sa personne. Hors, il n’y avait personne, pas même un chat dans le froid de l’hiver. Et ce fut là que Sherlock Holmes réalisa qu’il avait les deux pieds dans la neige et qu’un colis se trouvait devant ceux-ci. Se saisissant du paquet, le cadet des Holmes s’empressa de rentrer à l’intérieur, verrouillant machinalement la porte avant de gravir les escaliers, étudiant cet étrange colis qui lui était adressé au vu de son nom écrit sur le dessus.

Le paquet était enveloppé dans un papier brun fait maison, et il y en avait plusieurs couches qu’il pouvait sentir sous ses doigts. Plutôt léger, une légère odeur de menthe s’en dégageait comme si le papier avait été frictionné avec. La corde était faite de laine, tissée et tressée de façon maison encore, quant à l’écriture elle était douce et soignée. Normalement, Sherlock aurait sauté à la conclusion que s’était sans doute une groupie artisane qui lui envoyait ce colis, mais son expérience avec Moriarty et le téléphone rose lui avait appris qu’il ne fallait pas se fier aux apparences. Doucement, le détective secoua son présent et entendit quelque chose rouler à l’intérieur de façon irrégulière. Un sourire étira les traits qui quelques instants plutôt étaient ennuyé, intrigué par ce nouveau mystère. Ignorant l’endormit, Sherlock se laissa choir sur son fauteuil alors qu’un léger ronflement lui parvenait. Ignorant le bruit indésirable, le trentenaire aux yeux bleus commença à défaire le coli soigneusement, ne voulant en aucun cas risquer d’abimer la moindre chose qui pourrait lui être de valeur dans ses déductions. Bientôt la corde et les nombreuses couches de papier mentholé furent alignés sur la table basse et sous le regard du détective une petite boite en bois de cerisier sur laquelle était sculpté deux faux s’entrecroisant et entre elles il se trouvait une fleur de chrysanthème. Une étrange odeur de fer s’en dégageait. N’y tenant plus, le consultant ouvrit la boîte.

Et son cœur manqua un battement.



Il y avait deux doigts enveloppés dans un cocon de satin argenté imprégné du sang qui s’était écoulé des deux membres coupés proprement, et du vivant de la personne. La peau était tannée par une exposition répétée à un soleil de plomb. L’un des doigts portait le jonc de mariage d’un homme, marié depuis peu et après son exposition à longue durée au soleil. Une odeur de désinfectant se mélangeait à la menthe et au sang. Des ongles courts, manucurés, habitude à écrire, travaillant sans doute en tant que médecin. Plus il avançait dans ses déductions et plus la peur imprégnait les tripes du consultant qui en arrivait irrévocablement à une seule et même conclusion à laquelle il se refusait d’arrivé. Hors, il disait toujours « Lorsque vous avez éliminé l’impossible, ce qui reste, aussi improbable que cela paraisse, doit être la vérité. » Et Sherlock Holmes ne pouvait pas faire exception. Il resta de longues minutes à fixer les doigts, étrangement il était incapable de bouger, de réagir. En réalité, il ne savait pas quoi faire! Contrairement à la dernière fois où John Watson avait été kidnappé, il n’avait absolument aucun indice! John pouvait être n’importe où dans la ville, ou même à l’extérieur! Les doigts n’avaient pas été coupée depuis moins de 24h, donc… John avait disparu la veille. Quand exactement, comment, par qui? Moriarty était mort, Magnussen aussi et malgré ses nombreux ennemis, Sherlock n’en connaissait aucun qui utilisait ce blason.

Mais il y avait quelqu’un qui l’utilisait, parfois, pour signer des lettres narguant une certaine personne de sa famille. Un frisson parcouru le corps pâle du consultant qui ferma les yeux, affichant mentalement le réseau que trop étendu des égouts de la ville. Avec seulement ceux qui étaient encore en fonction et non-condamné, ils en avaient pour au moins une semaine de fouille! Si on ajoutait les zones dites condamnées, ils en avaient pour plusieurs semaines! Des jours entiers qui, à chacun, pouvaient voir s’éteindre son seul ami. Et cette fois, ce n’était pas un jeu pour le désennuyer, mais une menace réelle contre sa personne. Pourquoi? Pourquoi le Reaper le ciblait-il tout d’un coup? Était-ce dû à cette zone d’ombre de sa mémoire? Qu’avait-il fait exactement à ce moment-là? D’où lui venaient toutes ces blessures? Il n’avait pas besoin du docteur endormit pour savoir qu’on l’avait torturé physiquement et à voir l’état de son palais mentale, son physique n’avait pas été le seul ciblé par les tortures. Une fine sueur froide commença à couler sur son dos. Pour la seconde fois, Sherlock Holmes n’avait rien en main, tout lui échappait. Que devait-il faire? Il n’y avait aucun indice! Mise à part… mise à part l’odeur de menthe…

Son regard coula vers Caleb, mais le consultant savait que l’homme n’y était pour rien. Il était en trop bonne entente avant le médecin militaire pour lui faire du mal. Malgré que le docteur était bien capable de diverses choses pas très légales, Sherlock savait qu’il n’aurait jamais levé la main sur le vétéran, ni utiliser quelqu’un d’autre pour le faire. Mais alors pourquoi cette odeur? Pour masquer l’odeur du sang? Ou cela était-il une plus sombre prédiction que cela? Et si en fait… Le Reaper lui désignait sa prochaine cible? Brusquement, le détective se leva, arpenta la pièce de long en large, lançant des regards aux doigts, tentant de déterminer où pouvait être retenu son seul ami. Il l’avait abandonné, lui avait tourné le dos alors que John avait besoin de lui! Et maintenant il ne pouvait pas lui en venir en aide. Un autre abandon! Son seul ami devait tellement le détester maintenant, comme tous les autres. Le considéré comme un taré psychopathe, alors qu’il était un sociopathe fonctionnel! Se tournant pour continuer ses cents pas, le détective percuta quelque chose de dur qu’il prit d’abord pour un mur avant que deux bras n’entourent ses épaules, le serrant doucement et qu’une voix ne parvienne à ses oreilles.

- « Sherlock, calmes-toi pour l’amour de la science! » des doigts se perdirent encore dans ses boucles, le faisant redresser la tête pour croiser le regard azure de Caleb. Ce dernier le lâcha, remarquant qu’enfin le consultant se calmait. « Qu’est-ce qui se passe? »

- « Je viens de recevoir deux doigts de la main gauche de John. L’annulaire et le majeur gauche avec sa bague de fiançailles. Sans doute n’est-il pas assez remit pour la retirer et que la garder lui permet de surmonter la mort de sa femme qui, au passage, a bien failli me tuer… »

Le détective continua sa déduction, remarquant à moitié le docteur se jetant presque sur la petite boîte pour l’observer, sans la toucher, regardant les doigts qu’il bougea à l’aide de la pointe d’un crayon attraper sur la table basse. Sherlock l’entendit sortir son portable, les petits bips des boutons pour signaler un numéro, la voix du médecin demandant Lestrade, se mélangeant à la sienne qui, comme un ordinateur, émettait ses trouvailles et ses questions. Le cadet des Holmes venait de se plonger dans un brouillard, tentant de tirer une conclusion sur un lieu possible au milieu de tous ces tunnels d’égouts, mais en même temps son esprit refusait d’accepter que John, son seul ami, était sans nul doute retenu prisonnier par sa faute et risquait la mort à tout instant. Dans  ces égouts, Watson pouvait attraper toutes sortes de maladies par ses blessures, voir même une sérieuse infection, voire pire. Comme la Bactérie mangeuse de chair. Toujours dans les brumes dans lesquels il était plongé, Sherlock sentit une main ferme se poser sur un bras, le forcer à marcher, forcer étant un bien grand mot puisqu’il se laissa docilement faire – étrangement -,  puis la main le fit s’allonger sur le divan chaud. On posa quelque chose de chaud et doux, mentholé, sur ses épaules. « Caleb vient de poser sur moi son manteau » songea le détective qui roula sur le dos, joignant ses mains sous son menton par simple habitude alors que ses yeux se fermaient. Il sentit l’autre homme de sa pièce s’assoir face au meuble où il était allongé et y poser sa tête qui vint se poser contre son épaule, mais il laissa faire. Le bruit des sirènes de police lui parvinrent de loin, puis se rapprochèrent légèrement, de plus en plus sans qu’il parvienne à réellement estimer la distance à cause de ce fichu brouillard dans lequel il finirait peut-être par se noyer?

On frappa à la porte, Caleb se leva et ses pas se perdirent dans l’escalier, puis ce fut la porte qui s’ouvrit. Sherlock se revoyait prendre le paquet, exciter par ce qu’il y découvrirait, repensait à la peur étreignant ses tripes et un frisson le parcouru alors que des voix montaient dans l’escalier, floues, mélangées, une seule lui parvenait clairement. Pourquoi celle du blondin ne se perdait-elle pas dans le brouillard, dans la distance qui séparait son esprit merveilleux à ce monde froid et sans chaleur –mise à part celle du manteau qui le recouvrait-?  Il reconnut Donovan cependant avec son éternel, «  le taré », mais il perçu aussi la voix de Caleb, menaçante…

- « Si vous êtes ici pour insulté Sherlock, miss Donovan, quitter ce logis immédiatement ou je vous le fait quitter par la voix des airs »

Il n’y eut aucune réponse en retour de la part de la femme noire, juste un rire étouffé de Lestrade alors que des pas venaient vers lui. Une main se perdit dans ses boucles, familière maintenant, avant de quitter sa tête pour prendre le paquet. Pas besoin d’être le génie qu’il était pour le deviner. Il ouvrit les yeux, tourna la tête vers le quadruple détenteur de doctorat qui présenta le paquet, menaçant du regard Donovan d’accuser Sherlock. Depuis la Dernière Affaire , comme avait aimé l’appelé feu Moriarty, Caleb était extrêmement froid avec l’enquêtrice et le consultant se doutait qu’un jour elle disparaîtrait, comme tous ceux qui s’étaient mis sur le chemin ou à dos le grand homme à la chevelure blonde. Et c’est là que Sherlock réalisa que son nouveau colocataire ne portait que son jogging, restant torse nu devant tout le monde comme si de rient était. Ignorant la conversation qu’il savait idiote et peu informatrice, le détective observa la peau miel de l’autre homme sur laquelle il y avait quelques cicatrices remontant à son enfance, adolescence-même, sans doute obtenu dans des batailles dans la cours d’écoles. Une veine saillait dans son cou, preuve de son énervement, les muscles de ses épaules tendus à l’extrême par l’adrénaline sans doute ou peut-être ce retenait-il de décrocher  une droite à Anderson et Donovan? Qu’il le comprenait!

- « Sherlock, est-ce que ça va? Tu sembles dans la lune? » fis la voix de l’homme à moitié vêtu

- « Je réfléchissais et Anderson m’en empêche » répliqua le consultant et s’il aurait été quelqu’un de normal, sans doute aurait-il rougit de se faire surprendre?

- « Vraiment? On aurait plutôt dit que vous vous rinciez l’œil sur le docteur Nuada » plaisanta le nommé, moqueur

- « Le sexe est quelque chose d’abstrait et d’inutile Anderson, quoi que pour un primate dans votre genre, prendre à quatre patte Donovan doit être un véritable plaisir pour les deux écervelés que vous êtes! »

Caleb pouffa de rire, tentant de se retenir tout en allant enfiler un chandail.

- « Aller Sherlock, va t’habiller on sort »

- « Je ne veux pas » fit le détective, roulant dos aux visiteurs non-désirés et à son nouveau colocataire qui soupira.

- « Sherlock, nous allons à St-Barth faire des analyses sur… les doigts de John. Peut-être que je pourrais y trouver quelque chose qui nous aidera et toi aussi peut-être que tu nous dégoteras une piste qui nous permettra de retrouver John à temps. Rester ici ne nous aidera pas à trouver des pistes Sherlock et peut-être que ça sera fatal à John »  

Cet argument était convaincant, Sherlock Holmes ne pouvait le nier. Comme simple réponse il s’emmitoufla encore plus dans ce vêtement qui n’était pas sien et qui était imprégné de la chaleur et de l’odeur de son propriétaire. Étrangement, cette senteur familière et cette « chaleur humaine » le calmait. Peut-être parce qu’il s’était habituer à ce que l’autre trentenaire soit à ses côtés quand il faisait des cauchemars, le rassurant, s’occupant de lui et de ses blessures. Oui, s’était simplement cela, il s’était habituer à cette présence et même si cela ne faisait que deux jours, il savait que tant que Caleb était là, il irait bien. Malgré que le consultant était légèrement choqué de la rapidité à laquelle il acceptait la présence de l’autre homme dans sa vie, et à la facilité que celui-ci avait à le faire sentir…«bien », en « sécurité », Sherlock en était aussi réconforté.  Il n’était pas seul dans cette situation, il avait quelqu’un sur qui il pouvait compter.

Une main vint se poser sur son épaule alors que son propriétaire s’assoyait sur le bord du divan, se penchait par-dessus son corps, le pouce de la main gauche qui n’était pas sienne fit de petit cercle contre le muscle, minuscule massage qui détendit l’épaule droite de l’immature trentenaire. Ce dernier soupira, attrapant le pan du manteau et tentant de se cacher en-dessous. Un rire étouffé fit se retourné la tête du détective qui foudroya le docteur du regard.

- « Allez Sherlock, assit, je vais changer tes pansements. Lestrade et sa clique sont partis »

Sherlock soupira et roula sur son flanc gauche avant de se redresser paresseusement sur un coude, puis de trouver une position que l’on pourrait qualifier entre assit et évaché sur le divan. Le consultant retira ses bras des manches, ouvrit le haut de sa robe de chambre qu’il laissa tomber sur ses hanches et le rituel biquotidien commença. À quoi bon tenir tête au médecin alors que Sherlock savait que de toute façon, il valait mieux se laisser faire? Ce n’était pas comme si Caleb lui faisait mal, ou profitait de la situation pour le dénigrer, passer des commentaires sur ses côtes saillantes, trop, ou pour tenter de profiter de sa faiblesse… Non, l’autre homme restait professionnel, restant concentrer sur sa tâche, son regard impénétrable ne laissait que transparaître son inquiétude dans ses prunelles d’azure. Mais le détective aurait bien été incapable de lire ses pensées en ce moment. Et puis en avait-il seulement envie? Non, pas du tout.


AVENGEDINCHAINS
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You cry a river of blood in your broken mind Palace. Don't try to hide it to me Sherlock

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