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 Manque de volonté [PV Levi.]

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A. Irvin Calev
MessageSujet: Manque de volonté [PV Levi.]   Ven 15 Mai - 21:29




Irvin allait, allait, allait, toujours plus loin, ça commençait par une coupure, un tout petit bout de chair enlevé et ça grimpait en intensité. Comme un choc, une décharge qui lançait une convulsion dans le corps maigrelet marqué de tatouages aux inspirations douteuses.  La lame se plantait, comme un pieux, et titillait la chair dans un bruit de viande. Il avait l'impression d'être un boucher, mais un boucher avec une sacré migraine car la carcasse beuglait encore. Mais ce n'était pas par plaisir qu'il faisait ça, il se laissait juste emporter par la musique. Si il avait pu sauter cette étape il l'aurait fait, mais il avait besoin que le visage du gamin soit marqué par la douleur avant qu'il ne l'expose à la vue de tous. C'était barbare, mais une convention dans le milieu et ça permettait de tenir les ambitieux tranquilles. Cette technique avait fait ses preuves, alors, par logique, il était prudent de ne pas innover.

Il finit son funeste travail en ébouillantant le gamin, c'était particulièrement bruyant, heureusement que les docks étaient tranquilles ce soir. Il finit le tout en accrochant l'adolescent à la proue d'un navire. Aujourd'hui il agissait en solo, pas son ombre pour l'épauler, non, car cette ombre était... Grippée. Plus que grippée en fait, mais Irvin n'étant pas médecin, il ne pouvait pas dire ce que le plus jeune avait. En tout cas, trop mal pour se lever. Et loin d'être compatissant, l'adulte alternait depuis deux jours entre phases de reproche et phases de consolation. Irvin était particulièrement adroit pour pousser le jeune homme au bord du précipice avant de le rattraper en le serrant dans ses bras de manière rassurante.

Il retira les écouteurs de ses oreilles et les remit dans la poche de son anorak, passant une main dans ses cheveux. Le criminel attrapa son casque et enfourcha sa moto pour rentrer à la planque. Une fois arrivé, il balança ses affaires sur le canapé marron merde et attrapa des boites en carton posées sur la table. Il entra dans la chambre où Levi comatait et il posa les boites devant lui avec des baguettes.

-Mange, c'est chinois.
•••


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Levi Kellermann
MessageSujet: Re: Manque de volonté [PV Levi.]   Sam 16 Mai - 3:42




La toux s’empare de ta cage thoracique si frêle, malléable, sous l'emprise perçante. Elle te remue comme une poupée de chiffon et perfore ta trachée. Tu détestes ça, tu grognes avec un furieux acharnement et tu crispes des poings rageurs qui se perdent en vains efforts. Tu ne supportes pas la faiblesse qui s'inocule dans chacun de ces gestes avortés par la maladie, celle-même dont tu nies farouchement l'existence.
Tu refuses catégoriquement de consulter un médecin. Une peur gronde au fond de toi : celle de la défaillance, celle de l'inutilité. Irvin pourrait si facilement remplacer un rouage défectueux, lui qui aime tant sa si belle, tant harmonieuse, machinerie.
Alors tu éludes le problème comme tu l'as toujours fait et tu forces la machine à s'actionner sur la cadence habituelle, tu forces tes jambes à soutenir ton poids et tu te lèves furieusement du lit que tu n'as pas quitté de la journée. Un équilibre chancelant, tes mains ouvertes se tendent devant toi comme si tu cherchais à t'agripper. Pour la sixième fois aujourd'hui.
L'humain est un être désespérément combatif, il s’accroche à la dernière ficelle imaginaire.

Mais ton corps t'abandonne et tes muscles engourdis cèdent sous l'effort : tu t'affales de nouveau sur le matelas souillé de ta transpiration. Ton poing cogne avec fureur tandis que tes lèvres déformées lâchent un « putain » en boucle, un putain qui s'étouffe une fois ton visage incrusté dans le tissus. Tu pourrais ressentir une amertume salée au coin de tes yeux tellement tu enrages de ta propre incapacité.
Tu ne peux tolérer la situation qui s'impose à toi, dans le monde que tu connais les faibles sont éliminés et Irvin t'a déjà désavoué : il n'est pas à tes côtés. Son absence est d'une violence méritée : tu ne devrais pas être empoté à ce point.

Irvin n'est pas là et tu comprends qu'il a mieux à faire, que tu ne rentres plus dans son agenda journalier, que tu n'es plus fonctionnel pour l'instant. Mais personne n'a le temps pour un instant en tant que boulet notoire.
Un sourire amer ponctué d'un rire qui heurte encore plus tes poupons résonne vaguement : tant de pathos, ça te dégoûte au fond. Tu n'as pas envie de ressembler à une gonzesse dépendante et le stoïcisme face à la douleur t'inspire déjà plus.
La douleur physique t'importe peu, tu es difficile à surprendre après avoir expérimenté une large gamme de traitements de faveur : être ébouillanté, marqué au fer rouge, affamé, autant de joyeusetés qui ne figurent plus sur ta to-do list.

D'un mouvement un peu trop rapide, influencé par un fatalisme que tu embrasses pour te donner contenance, tu te retournes sur le dos et glisse une main brûlante à l'arrière de ton crâne tandis que ton regard accroche le plafond. Que les choses soient claires : mourir tu t'en fous. Mais ne plus être utile c'est largement moins plaisant comme perspective. Tu grimaces mais tu te l'admets, ou peut-être est-ce la fièvre : tu es flippé à l'idée de décevoir ton boss, accessoirement la seule personne qui compte. Tu es tellement flippé que l'angle de tes lèvres est secoué d'un vague et traite tremblement. Tu hausses les yeux au ciel, pitié, c'est dégueulasse. Tu veux t'enfermer dans un raisonnement élémentaire : on balance une chose usée, une chose inutile mais ton fatalisme s'arrête en chemin cette fois. Tu ne veux pas être abandonné par lui. Et t'as mal.
Soudain tu entends du bruit à proximité et ton instinct tend tes muscles en prévision, ton visage se crispe dans l'attente du coup de grâce. Si Irvin vient pour terminer alors tu comptes l'accueillir avec un air fermement blasé, histoire de ne pas emporter les bribes restantes de ta fierté avec toi. Tu y tiens à ta petite fierté, reliquat rassurant. Tu le défies d'un regard neutre bien qu'embué cet homme, décisionnaire de ton avenir au détour d'un saut de son esprit que tu ne suis pas - que tu ne t'es jamais autorisé à suivre.
Et là tes yeux s'écarquillent.

- ... Du Chinois, t'es sérieux ? Tu n'avais pas anticipé le mouvement et cela effleure de près le non-sens selon ta lecture de la situation. L'homme à tes côtés, oui il y était bien et rien que cela était surréaliste, avait pris la peine de te ramener de la nourriture. De la bouffe plus qu'acceptable en plus.
Pourquoi tentait-il de te réparer ? T'es vraiment dur à suivre, blondin. Tu n'en sais rien, mais ça fait étrangement du bien. Tu te redresses avec tout le courage à ta disposition sur ton lit, tu rabats les draps pour couvrir les traces humides de ta fièvre honteuse. Ton visage est à peine traversé par un soubresaut de douleur, mécaniquement réceptif à sa demande. J'ai pas faim, mais vu c'que t'as ramené ça doit être Noel. Je vais pas passer à côté. Levi, tu n'es qu'un idiot. Tu sais que ta gorge ne supportera pas la chaleur que tu devines sous les paquets. Mais whatever, tu veux faire le fier et donner bonne impression.
Justifier le déplacement et la présence de ton boss, surtout.
•••


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