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 Entre père et fille (pour Elias Davidovitch)

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Anna Davidovitch
MessageSujet: Entre père et fille (pour Elias Davidovitch)   Mar 5 Mai - 18:04



   Entre père et fille
   FT. Elias Davidovitch

   
Les médecins l'avaient prévenue dès le début, il y aurait des jours avec et des jours sans. Sachant cela, Anna avait immédiatement décidé qu'elle ferait tout pour que son père ne remarque pas les jours sans… C'était difficile et fatigant mais jusque là, la jeune fille estimait qu'elle ne s'en sortait pas trop mal. Alors lorsque c'était un jour avec, elle n'hésitait pas à en profiter au maximum. Sa récente admission faisait que ses choix étaient relativement limités mais elle comptait bien se faire un peu plaisir. Et cela consistait, à cet instant, à faire la bonne surprise de sa présence dans le bureau de son père. Parce que cela voulait dire qu'elle allait assez bien pour ne pas être reliée à ces satanés poches de médicaments… Parce que cela voulait dire qu'elle avait assez d'énergie pour sortir de son lit et déambuler dans les couloirs jusqu'au niveau du service où il travaillait… Cela pouvait paraître minime aux yeux de certains mais c'était déjà beaucoup pour elle.

Et puis cela ne consistait pas qu'à se faire plaisir… Enfin, indirectement… C'était presque tout le temps Elias qui venait jusqu'à sa chambre, qui s'occupait d'elle. Qui s'inquiétait… Aujourd'hui les rôles étaient inversés. C'était elle qui venait jusqu'à lui. Pour s'occupait un peu de lui et aussi parce qu'elle s'inquiétait pour son père. Il était inutile de se voiler la face en déniant qu'ils avaient des jours difficiles actuellement et même si chacun faisait tout pour ne pas le montrer, cela leur coûtait. Ces derniers temps elle avait remarqué que son père semblait plus préoccupé que d'habitude. Un peu plus fatigué peut-être… Anna aurait été incapable de mettre en mots ce que son intuition avait remarqué à son sujet. Elle savait juste que, pour une fois, cela lui ferait un peu de bien que quelqu'un s'occupe de lui…

Regroupant son argent de poche, elle était donc partie vers le rez-de-chaussée, où l'éternelle boutique à l'intention des visiteurs se trouvait. Elle y avait acheté une tablette de chocolat et un paquet de hobnobs… Ce n'était pas grand-chose mais cela ferait l'affaire, faute de mieux. La jeune fille se dirigea ensuite vers le bureau de son père, armée de son butin. Elle en avait aussi profité pour rapporter deux sachets de thé de sa propre réserve, les infirmières lui fourniraient l'eau chaude sans problèmes… Anna passa le barrage des secrétaires et infirmières sans grande difficulté, le personnel de l'étage la connaissant presque aussi bien que son père. Ce fut d'ailleurs grâce à l'une d'elles qu'elle parvint à accéder au bureau de ce dernier… Etant absent, la pauvre s'était retrouvée face à une porte close et, surtout, verrouillée…

Quelques instants plus tard, elle était installée dans le fauteuil de son père, sous le regard bienveillant de l'une des infirmières, deux tasses de thé chaud finissant tranquillement d'infuser. Une fois seule, elle entreprit de préparer les douceurs qu'elle avait acheté, essayant de les présenter un peu élégamment à coté des tasses. Ce faisant, elle entreprit de libérer un tout petit peu de place sur le bureau, se retrouvant à déplacer des dossiers. Elle entreprit sa tâche avec application, peu désireuse de mettre à mal le travail de son père… Et peut-être était-ce pour cela que le nom sur l'un des dossiers accrocha le regard de la jeune fille. Fronçant les sourcils, elle relut le nom. Charles MacTavish.

Le nom ne lui était pas inconnu… Même si son père ne parlait qu'à demi-mots de son travail, préservant ainsi la confidentialité de ses malades et le moral de sa fille, il y avait certaines choses qu'elle savait à force. Ne serait-ce parce qu'elle essayait de régulièrement voir Elias dans son bureau… Aussi savait-elle donc pertinemment que ce dossier était celui du patient qu'il avait perdu. Un suicide, histoire tragique qui était parue dans les journaux et qui ne pouvait qu'avoir affecté son père. Quel que soit le domaine de médecine, ce n'était jamais simple de perdre un patient… Et connaissant son père, l'expérience avait du être d'autant plus difficile.

Anna était une jeune fille bien élevée et, surtout, respectueuse du travail de son père… Pas un seul instant elle ne fut tentée d'ouvrir le dossier pour en apprendre plus mais son regard s'était attardé sur certaines notes récentes quand elle les avait regroupées. Par contre, son décès ne datait pas de la semaine dernière. Ni du mois dernier… Il n'y avait pas vraiment de raisons pour qu'Elias travaille à nouveau sur ce cas, non ? Pourquoi revenir dessus… ? Etait-ce pour cela qu'elle trouvait son père un peu « préoccupé » ces derniers temps… ? La jeune fille reposa le dossier sur le bureau, lissant la couverture de façon machinale avec le plat de la main, inquiète. Elle n'aimait pas l'idée de son père revenant encore sur cet incident...

   
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Elias Davidovitch
MessageSujet: Re: Entre père et fille (pour Elias Davidovitch)   Mer 6 Mai - 19:35

Elias ∞ Anna

Charles MacTavish. Le premier nom sur son livre rouge, celui dont les pages embaument encore la nouveauté. C’était le début d’un chapitre plein de mystères et d’une descende lente vers des abysses inconnus pour le père de famille. Il ne savait pas trop quoi penser de ce sentiment d’exaltation qu’il avait au souvenir de son patient à l’esprit fragile. Il avait suffi d’une petite poussée et… Pouf. Envolé. C’était une mémorable première fois tel l’amant inexpérimenté qui frôle du bout des doigts la folie humaine. Le psychiatre aurait pourtant dû être rongé de remords, accablé par cette perte qui était en partie de sa faute. Cela dit l’optique d’avoir un secret était bien plus enivrante que n’importe quel reproche. Tout le monde s’entendait pour dire que le docteur Davidovitch était quelqu’un de fiable et de prévisible. Gentil, doux, attentionné… Elias était bien toutes ces choses, mais pourquoi ne pas être plus encore ? Il n’envisageait rien d’extravagant, il voulait tout juste mettre un pied dans l’ombre, ignorant ou ne voulant pas voir l’existence du point de non-retour. L’aisance qu’il avait eu à guider Charles vers la mort le faisait frissonner, non pas d’horreur, mais de plaisir. Il découvrait une nouvelle science, celle de la manipulation. En bon élève, il avait ressortie le dossier du défunt pour comprendre les causes et les conséquences, le pourquoi du comment, la différence entre obliger et suggérer le suicide…

Néanmoins, la découverte de cet aspect de sa personnalité le faisait énormément réfléchir et le docteur était soudainement beaucoup plus lunatique qu’à ses habitudes. La matinée s’était donc déroulée dans son bureau, ses yeux clairs scrutant l’encre noire sur les pages blanches. Il mémorisait les symptômes du disparu, se demandant si un aussi grand niveau de paranoïa ou de dépendance affective influençaient de la même façon les pulsions de mort. Quand il avait fini par relever les yeux, l’heure de son prochain rendez-vous approchait. Elias attendit donc, mais ne voyant toujours pas sa patiente se présenter, il quitta son bureau pour partir à sa recherche. Depuis ses épisodes de consommation de médicament, il prenait toujours l’habitude de verrouiller la porte de son bureau pour éviter qu’on ne tombe sur quelques flacons compromettants. Heureusement pour lui, voilà plusieurs semaines qu’il avait tout jeté.  L’avantage de sa nouvelle lubie était qu’il pouvait facilement oublier ses autres soucis. Malgré tout, il ne délaissait jamais son petit ange qui reposait à quelques corridors de là. Il pouvait seulement cesser de songer à toute cette douleur dont il ne pouvait pas la protéger. À la réception, on l’informa que sa patiente avait annulé son rendez-vous et, par conséquent, qu’il avait plusieurs heures de liberté avant la séance suivante. Enchanté de ce changement de programme, Elias songeait déjà à se replonger dans sa lecture, mais lorsqu’il arriva dans ses quartiers, la porte était déverrouillée. Cela ne l’inquiétait pas outre mesure et il pénétra dans la pièce en se demandant si sa patiente n’avait pas changé d’idée finalement.


À la vue de sa fille dans la pièce, un grand sourire vint automatiquement animer son visage. Un brin d’inquiétude voila ses traits, mais il fit rapidement disparaître celui-ci. « Bonjour ma chérie. Comment vas-tu ? Tu sais bien que le docteur ne veut pas que tu fasses des efforts trop importants et je… » Sa phrase de père protecteur mourut sur sa langue alors qu’il apercevait les tasses de thé ainsi que les douceurs qu’Anna avait apporté. Visiblement, sa visite avait été encouragé par le personnel de l’hôpital, il n’avait donc pas à s’inquiéter de son état. Et puis, la tendresse de cette attention vint le chercher droit au cœur. Il n’allait tout simplement pas lui reprocher de vouloir passer du temps avec lui, non ? « … et je suis très content de te voir. » Il s’approcha de son bureau et d’elle par la même occasion, puis déposa un baiser sur le dessus de sa tête. Il observa la pièce une minute, songeant que le bureau en bois foncé et les deux fauteuils étaient certes confortables, mais faisaient plutôt austères pour une ambiance de salon de thé. Cela dit, Anna avait grandi. Ils n’avaient plus besoin d’un cercle de peluche comme invités d’honneur et devraient se contenter des murs garnis de livre comme décor. « Prendre le thé avec ma princesse… Ça me rappel de beaux souvenirs. » rajouta-t-il sur un ton nostalgique alors que ses yeux se posèrent sur le dossier que sa fille observait un instant plus tôt. Ce même dossier qu’il relisait pratiquement tous les jours depuis plusieurs mois. « Tu n’es pas en train de fouiner j’espère ? Sinon, c’est moi qu’on va gronder. » dit-il avec un sourire amusé, histoire de lui faire comprendre qu'il ne lui en voulait pas. Cela dit, sa réponse l'intéressait grandement.
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Anna Davidovitch
MessageSujet: Re: Entre père et fille (pour Elias Davidovitch)   Sam 16 Mai - 11:51



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Lorsque la porte s'ouvrit enfin, Anna sursauta un peu avant de relever la tête et de découvrir son père. Son instant de confusion l'empêcha de voir l'ombre passer sur son visage et elle repoussa le dossier afin de l'accueillir avec un sourire dont elle avait le secret. La jeune fille attendit avec une très légère pointe d'appréhension la réaction du psychiatre... Elle savait qu'elle ne devait pas ainsi s'inviter dans son bureau, on fermait les yeux parce qu'elle était sa fille et que l'hôpital était en quelque sorte devenue sa seconde maison. Mais la laisser ainsi vadrouiller pouvait faire penser que son père manquait de professionnalisme. Même si elle savait que ce n'était absolument pas le cas, la jeune fille pouvait parfaitement comprendre la valeur des apparences et la nécessité de les maintenir. Elias était donc tout à fait en droit de ne pas apprécier sa présence, non supervisée, dans son bureau. Surtout avec la main sur l'un de ses dossiers...

Anna se sentit immédiatement soulagée lorsque son père finit enfin sa phrase, paraissant véritablement heureux qu'elle se soit échappée de sa chambre pour venir prendre le thé avec lui. Son sourire s'épanouit encore un peu plus sur son visage alors qu'elle se tenait un peu plus droite, allant ainsi à sa rencontre lorsqu'il déposa un baiser sur le haut de son crâne. Sa remarque la fit doucement rire... Elle avait certainement amélioré ses compétences d'hôte en matière de thé... Elias n'était plus obligé de subir une chaise définitivement destinée à des personnes bien plus petites, ni un service à thé en plastique et d'un rose alarmant et, surtout, la compagnie de peluches sensées faire la conversation. Et, accessoirement, il y avait désormais du thé à boire, remplaçant des tasses vides ou, pire, pleines d'une eau volée à un vase dont les fleurs n'avaient pas survécu. Pour sa défense cela n'avait été qu'une fois et les fleurs avaient fait de très jolies ornementations pour ses cheveux et ses peluches...

Elle ne put s'en empêcher, la jeune fille se figea une fraction de seconde en entendant la question de son père, même si elle était posée sur un ton amusé. Anna n'avait rien fouillé délibérément, elle le savait, mais elle ne s'en sentait pas moins coupable pour autant... Et si elle avait l'habitude de masquer certains aspects négatifs de sa maladie pour ne pas l'inquiéter, elle n'était pas l'habitude de lui mentir. Elle releva donc la tête en affichant un air un peu coupable, ce qui allait la vendre à coup sûr, et elle le savait... Elle ne put s'empêcher de jouer avec l'un des coin du dossier, cherchant comment elle pouvait aborder le sujet.


-J'ai juste un peu rangé ton bureau pour nous faire un peu de place...

Ses paroles valaient des excuses pour son geste et, pour une fois, elle ne chercha pas à masquer son inquiétude. Après tout cela concernait son père, pas elle... Par contre, elle ne savait pas vraiment comment aborder le sujet. Non seulement celui-ci était difficile mais ils étaient dans un contexte tel qu'elle comprenait très bien pourquoi il aurait cherché à cacher tout problème qu'il aurait pu avoir. Après tout, c'est ce qu'elle cherchait à faire si elle en avait la possibilité. Elle avait un peu l'impression que leurs rôles venaient de s'inverser et cela lui faisait assez bizarre finalement. La jeune fille hésita encore un peu avant de poser un regard concerné sur Elias...

-Papa... ? Tu sais que si tu as besoin de quoi que ce soit, je suis là pour toi, hein ?

La main toujours posée sur le dossier, Anna n'avait pas forcément besoin de vocaliser les détails ni la source de son inquiétude...Elle était toute désignée par ce mouvement nerveux. Il était étonnant de voir combien un simple regroupement de papiers pouvait ainsi la rendre mal à l'aise, même si ces quelques feuilles représentaient en fait une grande partie de la vie, et la mort surtout, d'un parfait étranger... Elle-même n'était d'ailleurs qu'un simple dossier dans un autre bureau de cet hôpital d'ailleurs. Pendant une fraction de seconde la jeune fille se demanda si son père ressentait la même chose qu'elle face à cette mer de papiers...

Si son père avait besoin de quelqu'un à qui parler, elle serait toujours là pour lui, quoi qu'il advienne. Elle serait toujours prête à l'aider quitte à soulever une paire de montagnes pour ce faire... Bien entendu c'était une vision un naïve et innocente de la situation... La jeune fille ne pouvait pas faire tout ce qu'elle voulait, entre sa santé et le fait qu'elle était régulièrement coincée à l'hôpital. Et c'était compter sans son jeune âge et le fait qu'Elias était tenu au secret professionnel... Pourtant cela ne l'empêchait pas de se proposer comme oreille attentive car elle savait combien il était soulageant de pouvoir vider son sac parfois, surtout si son auditoire n'allait pas vous juger. Elle n'était pas psychologue mais elle aimait bien trop son père pour ne pas chercher, d'une façon ou d'une autre, à le soulager quelque peu de son fardeau.

   
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Elias Davidovitch
MessageSujet: Re: Entre père et fille (pour Elias Davidovitch)   Dim 14 Juin - 4:01

Elias ∞ Anna

Ses yeux pairs se perdaient dans la contemplation des dossiers sur son bureau, lui-même était légèrement étonné du désordre qui y régnait. Il y avait là des mots et des informations qui avaient su le captiver totalement, qualité rare chez les personnes ou les objets de son quotidien. Des secrets, il y en avait des centaines dans le sanctuaire du psychiatre. Des tas de gens étaient venus consulter le docteur Davidovitch au cours des dernières années. Certains le faisaient pour retrouver la paix d’esprit, d’autres venaient parce qu’ils avaient envie de mourir, mais leur but restait toujours sensiblement le même ; faire disparaître leurs souffrances. Il y avait des aveux parfois difficiles à entendre avec des propos qui choqueraient facilement des oreilles plus sensibles. Aussi, le père de famille se devait de respecter la confidentialité de ses patients ne serait-ce que par éthique de travail. C’était principalement pour cette raison qu’il reprochait l’intrusion d’Anna sur son lieu de travail, mais aussi un léger frisson d’horreur à l’idée qu’elle saisisse le genre de machination qui se dessinait dans l’esprit de son paternel. Les preuves viendraient à lui manquer pour totalement comprendre la situation, mais s’il y avait bien une personne qui le connaissait par cœur, c’était le petit ange qui partageait sa vie depuis 15 ans… Bref, il y avait un risque même si ce dernier était pratiquement nul. L’air coupable sur les traits de sa fille l’attendrie et l’inquiéta à la fois. Une question semblait bruler les lèvres de sa fille et, pour ne pas décourager une quelconque confiance, Elias garda le silence. Les doigts graciles de la jeune fille posés sur le dossier l’agaçaient en vérité, mais cela eut l’avantage d’indiquer clairement la source de son interrogation. Les paroles d’Anna ne ravivèrent pas le sourire de son père, mais l’ému. Elle s’inquiétait pour lui tout simplement. Il prit un moment pour répondre, mais posa sa main sur le dossier du défunt  pour le pousser hors d’atteinte de son angelot.

« Je te crois mon cœur, mais je préférais que tu ne touches pas trop à mes dossiers. Mes patients me font confiance et s’ils savaient qu’une adolescente - aussi bien intentionnée soit-elle - avait eu accès à leurs plus noirs secrets, je ne donne pas cher de mon poste dans cet hôpital. »

Il se sentit mal d’aggraver le sentiment de culpabilité d’Anna, mais il ne pouvait pas se permettre de la laisser farfouiller au cas où elle tomberait sur quelque chose de compromettant. Douce et belle Anna… Son cœur si pur et plein de compassion ne cessait de l’étonner. Il fut un temps où Elias était un saint homme à l’image de son enfant, mais le temps et les déceptions avaient su gruger sa bonne conscience. Il espérait seulement qu’Anna ne vive pas la même chose et qu’elle reste toujours la même. Si gentille et innocente… Il se pencha pour prendre le visage de sa fille entre ses deux mains, puis replaçait une de ses mèches blondes derrière son oreille. Il lui sourit tendrement, mais ce sourire se fissurait au fil de ses pensées. Elias choisissait précautionneusement ses mots. Lesquels étaient sages de ne pas dire ? Lesquels étaient pertinents de laisser filer ? Est-ce mentir que de cacher simplement une partie de la vérité ? Au final, l’honnêteté était encore le masque qu’Elias portait le mieux, mais son rôle dans cette histoire commençait à être plus grand que celui d’un père ordinaire…

« Et moi, je serais toujours là pour toi ma puce. Je vais bien. Je travaille sans doute un peu trop ces temps-ci. » Il soupira, sachant qu’ignorer le sujet de Charles MacTavish ne ferait qu’apporter d’autres questions plus tard. Cela dit, un petit délais pour choisir la réponse appropriée s’imposait. « Viens. On va profiter des belles choses que tu as apporté… » Elias s’éloigna de son enfant pour s’asseoir nonchalamment dans un des fauteuils entourant les victuailles. D’un signe de main, il invita la blonde à faire de même et regarda avec envie la tasse de thé. Pas de peluche, pas de vaisselle rose fluo. Juste lui et sa fille ainsi qu’une vérité qui n’était pas bonne à dire. « Si tu veux me demander quelque chose en particulier, ne te gênes pas. Je ferais de mon mieux pour te répondre. »
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Anna Davidovitch
MessageSujet: Re: Entre père et fille (pour Elias Davidovitch)   Mer 17 Juin - 18:50



   Entre père et fille
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Anna savait qu'elle avait mis son père dans l'embarras, après tout, les routes de l'Enfer n'étaient-elles pas pavées de bonnes intentions ? Elle avait conscience que si son indiscrétion, bien qu'involontaire, était connue, Elias aurait probablement des problèmes avec ses patients mais aussi avec la direction de l’hôpital. Et c'était quelque chose qu'elle ne lui souhaitait absolument pas… La jeune fille se sentait comme un petit enfant que l'on venait de fustiger après une grosse bêtise, ce qui était dangereusement proche de la vérité…

Après tout, même si elle jouissait d'une certaine liberté dans l'hôpital à cause de ses très fréquents séjours et du travail de son père, il ne fallait pas non plus qu'elle oublie qu'elle ne pouvait pas faire vraiment tout ce qu'elle voulait... Elle-même n'aurait probablement pas apprécié d'apprendre qu'une tiers personne qui n'avait rien à voir avec sa famille avait au accès aux informations très personnelles de son dossier médical. Ce devait être encore pire dans le contexte de la psychiatrie. Après tout, les patients qui venaient voir son père se mettaient encore plus à nu que lors d'un simple examen physique... Et si elle admirait déjà ses médecins pour le travail qu'ils faisaient quotidiennement, ce n'était rien comparé à Elias. Car l'esprit était définitivement plus difficile à soigner !!

La jeune fille ne chercha pas à renouveler ses paroles, à se défendre d'avoir volontairement consulté le contenu des dossiers qui se trouvaient sur son bureau. Le regard baissé, elle acquiesça doucement aux paroles de son père. Elle savait qu'il n'interprétait pas mal ses actions et ne faisait que lui rappeler sa place... Anna n'était pas une mauvaise fille et savoir qu'elle avait potentiellement déçu son père était bien suffisant pour lui faire retenir la leçon...


-Je suis désolée Papa...

Inutile de préciser qu'elle ne referait pas la même erreur, Elias connaissait suffisamment sa fille pour savoir qu'elle ferait tout pour ne pas le décevoir à nouveau. Elle hésita quelques secondes avant de se lancer, un peu comme on arrache un pansement...

-Mais je n'aime pas quand tu travailles sur lui. J'ai l'impression que ça te mine...

Maintenant qu'il avait éloigné, même de quelques centimètres, la source d'inquiétude d'Anna et qu'elle était parvenue à s'exprimer, cette dernière laissa ses mains se poser ses cuisses avant de machinalement jouer avec la ceinture de sa robe de chambre. Résidant à l'hôpital depuis un certain temps, elle s'était affranchie de la gêne de vivre perpétuellement affublée d'un pyjama et d'une robe de chambre... C'était souvent un bon moyen d'identifier ceux qui passaient de longs et réguliers séjours ici, ces derniers savaient esquiver les vêtements fournis par les infirmières et n'éprouvaient plus de gêne à déambuler dans les couloirs dans une tenue que peu de personnes osait partager...

Instinctivement Anna sentait qu'il y avait quelque chose qui clochait avec son père mais elle était incapable de mettre précisément le doigt dessus. Et maintenant qu'elle avait été prise en faute, elle manquait encore plus les quelques indices qu'il laissait involontairement passer. La jeune fille finit par se lever, rendant ainsi son siège à Elias, avant d'enlacer son père. L'étreinte manquait certes de force mais pas d'affection.


-Il faut que tu prennes un peu soin de toi aussi... Tu t'occupes toujours trop des autres...

Elle le serra une dernière fois dans ses bras avant de contourner le bureau et de s'installer dans l'un des fauteuils habituellement revendiqués par ses patients. Anna finit alors de préparer le thé, vérifiant au passage s'il n'avait pas trop refroidit... Elle présenta la tasse de son père face à lui, tournant la hanse vers sa main dominante. En parfaite hôtesse elle lui présenta ensuite des dosettes de sucre et de lait afin qu'il puisse faire comme à son goût. S'occuper ainsi d'Elias sembla la détendre, suffisamment en tous cas pour qu'elle affiche à nouveau un sourire doux, visiblement heureuse de pouvoir un peu profiter de lui hors de sa chambre d'hôpital...

Lorsqu'elle s'installa enfin, tasse en main, elle se demandait si elle pouvait vraiment se permettre de poser toutes les questions qu'elle voulait... Elle avait un peu l'impression qu'elle avait laissé passer l'opportunité et elle n'avait pas non plus envie d'alourdir encore l'ambiance alors qu'elle était initialement venue pour soulager un peu son père...


-Tu as beaucoup de cas difficiles en ce moment ? Parce que si tu travailles trop ce n'est pas très sain... On pourrait profiter de quelques jours quand je sortirai, non ?

Anna posa un regard plein d'espoir sur son père. Elle allait effectivement mieux depuis qu'elle avait été admise... Peut-être suffisamment pour qu'ils s'éloignent de Londres le temps d'un week-end... ?
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Elias Davidovitch
MessageSujet: Re: Entre père et fille (pour Elias Davidovitch)   Mar 23 Juin - 4:08

Elias ∞ Anna

La leçon semblait être bien apprise et sa curieuse invitée était repentante. Elias ne trouva donc pas nécessaire de lui repprocher son intrusion encore une fois, surtout qu’au final, c’était simplement pour pouvoir passer quelques temps avec lui loin de sa chambre d’hopital. Ses motivations lui semblaient plus que logiques et même très attendrissantes à ses yeux de père. Il ne lui en voudrait pas longtemps d’avoir créé un doute dans son esprit, ce n’était vraiment qu’un imprévu sans conséquence, du moins, l’espérait-il. Anna n’était pas loin de la vérité. Effectivement, il se sentait un peu déprimé ces derniers temps. Ce qu’il omit de dire cependant fut que ce sentiment de fatigue durait depuis plus longtemps encore que le cas de son défunt patient. Depuis le début de la maladie en réalité, mais ce n’était qu’au cours des derniers mois que cela commençait à transparaître. En y réfléchissant bien, le psychiatre préférait que la jolie blonde pense que c’était à cause de monsieur MacTavish qu’il avait une tête d’enterrement les trois quarts du temps. Le courage de sa fille face au cancer était remarquable. Il était hors de question qu’il soit celui qui le réduise en miette avec ses propres insécurités. Elias profita des étreintes affectueuses de son enfant, préférant ne pas penser qu’un jour il n’en aurait peut-être jamais plus. Puis, ce fut l'heure du thé.

Le psychiatre se sentait choyé alors qu’il pouvait simplement se détendre dans son fauteuil pendant qu’Anna remplissait les tasses. Il répondit à son sourire avec une certaine fierté, car de la voir faire toutes ces choses du quotidien avait un coté miraculeux vu l’état dans lequel elle était quelques temps plus tôt. Des gestes aussi banals que de servir le thé étaient des petites victoires significatives pour le père et la fille. Des petits plaisirs que personne ne pourraient jamais leur enlever... Le brun ajouta un sucre ainsi qu’un peu de lait à sa boisson avant de souffler doucement sur la surface pour refroidir le liquide. Il porta la tasse à ses lèvres et ferma les yeux pour savourer la sensation chaude du breuvage dans sa gorge. Il se sentait tout à coup très détendu et les éventuelles questions que pouvait lui poser Anna ne l’intimidaient plus autant. Elias avait des amis, mais se confier à sa fille était toujours plus facile. Elle ne l’avait jamais déçue, même pas en jetant un coup d’œil à ses dossiers, et il lui faisait totalement confiance. S’il ne lui disait pas tout d’un seul coup, c’était uniquement pour la protéger de ses propres démons. Il posa un regard tendre sur la jeune fille installée à ses cotés et osa enfin lui fournir quelques réponses :  


« Mes patients ne sont pas plus difficiles qu’à l’ordinaire, mais tu as sans doute raison. Je me laisse peut-être un peu trop entraîner par les problèmes des autres. Je dois dire que c’est très intéressant de pouvoir faire la différence dans la vie de quelqu’un d’autre que soi-même... » Il se laissa bercer quelques secondes par les pensées que lui apportait ce genre de parole. Un mélange d’excitation et de curiosité vorace devant l'étendue du pouvoir de la manipulation... Ensuite, il avala une autre gorgé de thé avant de poursuivre. « …de les aider à avancer et à guérir surtout. » Il fit une pause et regarda volontairement le dossier de son ancien patient abandonné sur le bureau, résistant à l’envie de le feuilleter à nouveau. « Mais je regrette de ne pas avoir pu l’aider autant que je l’aurais voulu. C’est dur de savoir que faire de son mieux ce n’est pas toujours assez.» Mensonge. Le tout premier, mais certainement pas le dernier. Dans un tintement de porcelaine, le psychiatre reposa sa tasse sur la table. Les propos d’Anna lui changeaient aussitôt les idées. Sortir de cet hôpital au bras de sa princesse, il ne demandait pas mieux.

« J’aimerais beaucoup pouvoir passer plus de temps avec toi, mais… Non, il n’y a pas de ''mais''. J’ai une longue liste de rendez-vous pour les prochaines semaines et ils n’auront qu’à attendre un jour ou deux de plus. On dirait que depuis que Sherlock Holmes fait sortir les malfrats de l’ombre, les gens sont plus paranoïaques que jamais. » Il soupira. S’il y avait bien un sujet sur lequel il n’était pas encore fixé c’était bien ce type aux airs prétentieux et au long manteau noir. Il avait le don d’irriter Elias en quelques secondes, mais aussi de le plonger dans des conversations très stimulantes. Le détective était un drôle d’oiseau. Le genre qu’on oubli pas de si tôt. « Des vacances me feraient surement beaucoup de bien. Tu voudrais faire quoi quand tu sortiras d’ici mon ange ? On pourrait t’acheter une nouvelle robe de chambre ou une nouvelle robe tout court. Quoique je crois que ta mère serait surement meilleure que moi pour ce genre d’achat. » Et pour dépenser de l’argent en général, pensa-t-il. « On pourrait aussi aller voir un film ou se balader en ville. Tout ce que tu désires… À condition que tes médecins approuvent aussi. » rajouta-t-il avec un sourire triste. Il ne faisait pas exprès de lui rappeler sa condition, il était juste suffisamment désillusionné pour éviter d'ignorer des détails importants. Le déni ne les aiderait pas à simplifier leur vie de toute façon. L'optimisme ainsi que l’organisation d'un futur, ça oui.

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Anna Davidovitch
MessageSujet: Re: Entre père et fille (pour Elias Davidovitch)   Ven 26 Juin - 11:23



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Le lien qui unissait Anna et son père était particulièrement fort, pour ne pas dire fusionnel. Ainsi, s'occuper de lui ne manquait jamais de faire plaisir à la jeune fille car elle avait pleinement conscience qu'Elias donnait déjà beaucoup de sa personne pour qu'elle n'ait pas à trop souffrir de sa maladie. Il était toujours là pour elle et si elle parvenait à tenir le coup c'était en très grande partie grâce à lui. Son soutien, sa patience, son affection et sa capacité à la protéger des éléments les plus difficiles de sa vie. Certes elle subissait les contre-coups de son cancer mais elle était encore trop jeune pour pouvoir en appréhender toutes les conséquences. Et même si elle s'instruisait et qu'on essayait régulièrement de se mettre à son niveau, le jargon des médecins n'était pas forcément une seconde langue pour elle. Contrairement à son père qui devait subir la vérité sans ambages, dans tous ses aspects les plus sinistres...

Même si elle ne parvenait pas à connaître l'étendue exacte de ce que supportait son père par rapport à ce qu'il voulait bien laisser transparaître, elle avait conscience de ses efforts. C'était aussi pour cela qu'elle présentait toujours une personnalité optimiste, enjouée et pleine d'une énergie qu'elle n'avait pas toujours... Choyer son père lorsqu'elle en avait la capacité, et l'opportunité, faisait partie de ces petites choses qu'elle faisait pour essayer de compenser. Chaque sourire qu'elle pouvait provoquer ne pouvait donc que l'emplir de bonheur... Il n'était pas rare qu'elle s'inquiète pour lui car, s'ils pouvaient se voir à l'hôpital, il devait souvent rentrer seul dans une maison vide. Elle devait être l'une des très rares adolescentes au monde qui regrettait de ne pas pouvoir faire ses corvées ménagères ou la cuisine...

La jeune fille se détendit en constatant que son père en faisait de même, notant la façon dont ses épaules semblaient un peu moins hautes et nouées. Une bonne tasse de thé était souvent la parfaite panacée. Elle nota dans un petit coin de son esprit de réitérer l'expérience régulièrement. Offrir un petit interlude de paix dans une journée chargée ne pourrait que faire à son père le plus grand bien ! Plus que quiconque, Elias avait besoin de moments pour se ressourcer, sans cela sa fille était persuadée qu'il finirait par se faire submerger par les malheurs de tous ses patients. Et c'était probablement l'une de ses plus grandes craintes... En fait... Anna irait probablement parler aux infirmières qui travaillaient à cet étage pour leur demander de garder un œil bienveillant sur lui pour qu'il ne se tue pas à la tâche. Cela lui permettrait de s'assurer de son bien-être même lorsqu'elle ne pourra pas être là physiquement, ce qui ne manquera probablement pas d'arriver dans les mois à venir...


-Tu en fais déjà énormément pour eux et je suis sûre que tu es pour certains d'entre eux l'une des rares chose positive dans leur vie...

Anna n'avait jamais cachée son admiration pour son père, cela tenait tant à sa nature généreuse qu'au métier qu'il exerçait. Comme elle se le disait souvent, « réparer les esprits » n'était pas donné à tout le monde... C'était d'ailleurs un domaine fascinant lorsque l'on prenait le temps de l'étudier. Peut-être chercherait-elle à se spécialiser là-dedans... ? L'idée d'études supérieures la laissa songeuse durant une fraction de secondes. Cela représentait un rêve doux-amer tant elle n'était pas certaine d'atteindre la majorité. Il ne valait peut-être mieux pas qu'elle parle de ses aspirations à Elias, il n'avait certainement pas besoin de se poser plus de questions encore sur l'avenir incertain de sa fille...

-Ce n'était pas ta faute, tu as tout fait pour l'aider...

La jeune fille serra doucement la main de son père, lui offrant un sourire qui se voulait rassurant et qui trahissait l'absolue confiance qu'elle avait en lui. Anna restait innocente sur beaucoup de choses, notamment sur les récentes « avancées » dans le travail d'Elias... Elle serra une dernière fois sa main avant de se focaliser sur le sujet bien plus plaisant d'une sortie hors de l'hôpital, voir hors de Londres si elle avait un peu de chance. Pendant une fraction de seconde elle crut qu'il allait décliner son offre, à cause de ces patients dont elle essayait de l'éloigner pour son propre bien, même si ce n'était que pour une poignée d'heures... Mais l'instant suivant elle affichait un sourire éclatant, l'étincelle d'excitation dans son regard en disant long sur son envie, voire besoin, de s'échapper d'ici.

-On pourrait aller au bord de mer ? Une balade sur la plage et une bonne glace...

La jeune fille évita soigneusement le sujet de nouveaux vêtements et de la possible implication de sa mère. Même si Elias n'avait pas conscience des sentiments exacts de son enfant envers sa génitrice, il se doutait que leur relation n'était pas idéale. Après tout, elle ne la voyait pas assez souvent, surtout dans les moments où elle avait le plus besoin de son soutien, pour qu'elle ait la même place dans son cœur que celle de son père. Si elle n'avait droit qu'à quelques heures de liberté, elle n'allait certainement pas les passer dans les boutiques.

Elle laissa de coté toute question sur les médecins... Sa santé n'était pas flamboyante mais elle allait mieux de jour en jour. Elle allait pouvoir sortir d'ici peu. Elle le savait. Et refusait toute autre éventualité... C'était du déni pur et simple mais c'était en s'accrochant à ce genre d'idées qu'elle continuait à afficher son éternelle bonne humeur. Et lorsqu'elle était confrontée à une réalité qui n'était pas à la hauteur de ses espoirs, elle repartait tout simplement de zéro. « Cela ne pouvait qu'aller mieux ». Donc... Elle allait forcément pouvoir profiter de quelques jours de vacances avec son père.


-J'ai entendu certaines infirmières parler de lui... Tu l'as rencontré ?
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Entre père et fille (pour Elias Davidovitch)

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